Le pouvoir souverain et ses bases idéologiques dans les principautés roumaines (XIVe - XVIIe) : la vision des chroniqueurs confrontée aux réalités

par Benoît Joudiou

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Alain Ducellier.

Soutenue en 2001

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    Notre travail porte sur l'idéologie politique du pouvoir princier (la domnia) dans les Pays roumains au Moyen Age et au début de l'époque moderne. Constituées au XIVe siècle, la Valachie et la Modalvie ont été soumises par les Ottomans aux XVe-XVIe siècles. Donc la souveraineté des Principautés n'était pas reconnue sur le plan extérieur. Nos recherches dans les chroniques roumaines, rédigées entre la fin du Xve siècle et les années 1710, montrent la survivance d'une idée souveraine, confirmée par les actes de donations internes, la correspondance des princes et des récits de voyageurs. Cette conception repose d'abord sur une affirmation constante de la légitimité de droit divin des princes. Mais elle n'a trouvé une expression cohérente qu'à partir des Xve-XVIe siècles, dans les premières oeuvres originales rédigées dans les Pays roumains. Leurs auteurs, des clercs proches de la cour, développaient une vision du pouvoir alimentée par des références vétérotestamentaires. De ce courant traditionaliste orthodoxe résulta une théologie politique qui attribuait au prince un rôle essentiel dans le salut de son peuple menacé par l'invasion ottomane. L'idéologie politique était alors très proche de ses modèles slavo-byzantins : le bon prince était ainsi paré des vertus idéales des empereurs chrétiens. Au XVIIe siècle, même si la continuité idéologique l'emporta, on assiste à un renouvellement des thèmes. Les auteurs, des nobles pour la plupart, s'affligeaient du déclin des Pays roumais sous la domination ottomane. Ils entendaient préserver les coutumes du pays et limiter les abus du pouvoir princier. Celui-ci prétendait défendre, comme la noblesse, l'ordre traditionnel du pays. La domnia roumaine peut aussi être définie comme une monarchie sacrée, qui faisait des princes des « empereurs ». L'idée impériale post-bysantine, qui conservait son caractère oecuménique, n'a guère alimenté de véritables prétentions impériales. Elle a conforté un pouvoir princier affaibli par la domination turque et l'instabilité politique. La tradition historique transmise par les chroniques, qui faisait entrer la mémoire des princes dans l'éternié, a largement contribué à la sauvergarde de l'idée souveraine, même si celle-ci était de plus en plus partagée entre une monarchie limitée et une noblesse qui prétendait elle aussi incarner le pays.

  • Titre traduit

    Sovereign power and its ideological bases in the rumanian principalities (XIVth-XVIIth) : the chroniclers's vision confronted with realities


  • Résumé

    Our work deals with the political ideology supporting the prince's power (domnia) in Rumanian countries in the medieval period and at the beginning of the modern era. Founded in the fourteenth century, Wallachia and Moldavia were conquerad by the Ottomans in the fifteenth and sixteenth centuries. Thus, the sovereignty of the Rumanian countries was not recognised outside their boundaries. Our research into Rumanian chronicles written from the late fifteeth century to the 1710's reveals the survival of the idea of sovereignty, which also endures in the official records of settlements, as well as in the prince's correspondance and in accounts of travellers. Such an idea rests primarily on the constant assertion of the divine, thus legitimate, right of the Rumanian princes. However, not unitl the fifteenth and sixteenth centuries was it expressed consistently in the first original writings in Rumanian countries. Their authors, clerks who were close to the court, voiced a conception of power which resetd on references to the Old Testament. From this orthodox traditionalist trend, stemmed a political theology which vested the prince with an essential role in the salvation of his people threatened by Turkish invasion. Political ideology was then very close to its Slav and Byzantine models – the good prince was invested with the ideal virtues of the Christian emperors. In the seventeenth century, even though ideological continuity prevailed, themes were renewed. Writers, mostly noblemen, lamented the decline of Rumanian countries under Turkish rule. They meant to safeguard the customs of their country and to restrict the prince's abuse of power. The princ'es power reacted by claiming to uphold the traditional order of the country as much as nobility. The Rumanian domnia can also be definer as a sacred form of monarchy making princes into « emperors ». The post-byzantine imperial status, which retained its oecumenical nature, did not actually fuel a great deal of imperial claims. It bolstered the power of a prince weakened by Turkish rule and political instability. But the historical tradition recorded in chronicles made the good name of the princes eternal and also gneatly contributed to the survival of the idea of sovereignty, even if it was increasingly split between a limited monarchy and nobility which also claimed to stand for the country.

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  • Détails : 1003 f.
  • Notes : Reproduction de la thèse autorisée
  • Annexes : Bibliogr. f. 965-999

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
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