De la littérature fantastique au cinéma d'horreur : les figures du monstrueux de Tod Browning à Dario Argento

par Isabelle Labrouillère

Thèse de doctorat en Littérature et civilisation anglaises

Sous la direction de Raphaëlle Costa de Beauregard.

Soutenue en 2001

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    La critique traditionnelle oppose le fantastique en littérature et le fantastique au cinéma, dichotomie le plus souvent assimilée à la paire fantastique herméneutique/fantastique de la monstration. Or, ces frontières ignorent la mixité des discours dans les oeuvres. Même si ce corpus est cinématographique (le fantastique esquissé ici est proprement iconique et cinématographique), la théorie littéraire joue ici un rôle important. Le dénominateur commun aux films présentés dans ce travail se situe donc dans leur façon de renouveler le discours sur le monstrueux en refusant la lisibilité du stéréotype propre au fantastique de la monstration, et en déjouant les repères interprétatifs de l'énonciataire. C'est pourquoi à l'objet du fantastique ludique a été opposé l'objet fantastique qui bouscule l'horizon d'attente du spectateur. Ces deux modalités ont été étudiées dans Dracula (Tod Browning, 1931) et dans King Kong (Shoedsack et Cooper, 1933). Cependant, l'objet fantastique a été particulièrement analysé dans Frankenstein (James Whale, 1931) mis en parallèle avec Caligari (Robert Wiene, 1919) auquel il est souvent comparé. Frankenstein a également permis d'engager une réflexion sur la représentation du corps de l'acteur à l'écran. A partir du corps du monstre et de son apparent opposé, le corps de la star, nous avons trouvé des points de tension entre le masque du monstre et celui de la star. Cette recherche a été illustrée par l'analyse de Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1951). L'étude du cinéma classique s'est alors prolongée par une analyse des nouvelles donnes de la représentation du corps monstrueux, que ce soit dans le sens de sa disparition (les monstres de Body Snatchers, Don Siegel, 1956) ou de sa surenchère graphique (Suspiria, Dairo Argento, 1977). Dans les deux cas, ces deux études ont analysé la représentation du monstrueux en marge des discours géne������ralement proposés sur le genre, et interrogé les rapports entre ces nouveaux corps et le spectateur.

  • Titre traduit

    From the literature of the fantastic to the horror film : the figures of the monstrous from Tod Browning to Dario Argento


  • Résumé

    Critical tradition opposes the fantastic in literature and the fantastic in the cinema, a dichotomy which in essentially one of a fantastic hiding its object, and one displaying it. This distinction fails to take into account the plurality of discourses at play within the works under discussion. Even if the works dealt with here are cinématographic (the fantastic of the present study is primarly an iconic and cinématographic, the literary theory has an important role. The common denominator of the films presented inthis study lies in their way of renewing the traditional discourse of the monstrous by refusing the stereotypes of the cinématographic fantastic, and by challenging the interpretative codes of the viewer. A distinction is thus made between the fantastic object, which upsets the viewer's expectations and the object of the fantastic, which confirms the rules of the discourse and allows the spectator to play with them. Thses two aspects of the fantastic are studied in Dracula (Tod Browning, 1931), and King Kong (Shoedsack et Cooper, 1933). The fantastic object is also analysed in Frankenstein (Whale, 1931), together with Caligari (Robert Wiene, 1919), and their customary similarities questioned. Frankenstein is the starting point of reflection on the representation of the body of the actor. From the opposition of monster and star, points of contact emerge which permit the demonstration of the essential unity of the two concepts. This analsysis finds a resonance in Sunset Boulevard (Billy Wilder, 1951). Following the study of the classical cinema, an analysis of the new parameters in the representation of the monstrous body has been undertaken, whether in it disapperance (Body Snatchers, Siegel, 1956), or it graphic excess (Suspiria, Argento, 1977). These studies analyse the representation of the monstrous from a different perspective to that generally held in the fantastic as a genre, and question the links between, these new bodies and the viewer.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (503, 89 f.)
  • Notes : Reproduction de la thèse autorisée
  • Annexes : Bibliogr. p. 471-499. Index

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
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