La transition de la fécondité en Tunisie : la question de la baisse de la fécondité dans le cadre des relations population-développement-environement

par Bénédicte Gastineau

Thèse de doctorat en Démographie

Sous la direction de María-Eugenia Cosío-Zavala.

Soutenue en 2001

à Paris 10 .


  • Résumé

    Avant la colonisation (1860-1181), la Tunisie connaît un régime démographique que l'on peut qualifier de "pré-transitionnel". La fécondité est naturelle et le niveau de la mortalité, élevé, varie au grée des crises. La colonisation française (1881-1956) impulse des mutations profondes dans la société tunisienne. Des investissements importants ont permis de réduire la mortalité. On peut observer pendant cette période, le début de la transition démographique et une limitation des naissances dans certains groupes sociaux mais la baisse de la fécondité ne devient visible au niveau national qu'au milieu des années 1960. La transition de la fécondité se fait alors en 2 phases. Jusqu'au milieu des années 1980, c'est principalement le recul de l'âge au mariage qui explique les changements de fécondité et les nouveaux comportements sont surtout le fait des couples les plus éduqués, les plus aisés. Après cette date, les femmes les plus pauvres, les plus "rurales", les moins éduquées ont elles aussi modifié leur modèle de reproduction. Elles ont à la fois bénéficié du développement économique de la période précédente et de la diffusion des idées propices à une fécondité restreinte mais aussi elles s'adaptent à la situation de crise économique que connaît la Tunisie au milieu des années 1980. La recherche en cours tend à montrer à travers l'exemple de la Tunisie que si la "modernisation", le développement économique impulsent de nouveaux comportements dans les catégories sociales qui en profitent le plus, la crise peut être le facteur qui précipite la généralisation de ces comportements à toute la population. Une seconde partie importante de la recherche consiste en l'analyse des relations entre stratégies démographiques et stratégies économiques des ménages dans le monde rural. A l'aide de données originales, nous montrons que la baisse de la fécondité en milieu rural peut être vue comme à une adaptation à de nouvelles conditions économiques peu favorables. Les ménages ne pouvant plus vivre de leur seule activité agricole, ont des stratégies de pluriactivité. Ils opèrent alors des choix de distribution de la main d'oeuvre familiale (sur l'exploitation agricole, en migration, sur le marché du travail local. . . ) en fonction du sexe, de l'âge et de la qualification des individus. Seule l'analyse de l'organisation et de la division du travail familiales permet de comprendre pourquoi la fécondité a baissé dans certaines zones rurales et pourquoi elle reste élevée dans d'autres.

  • Titre traduit

    Changes in Tunisian fertility within the context of population-development-environment relations


  • Résumé

    Before colonial times (1860-1881), Tunisia's demographic profile was "pre-transitional" in nature. Fertility was "natural," and mortality, while high, varied in response to crises. French colonialism (1881-1956) prompted important changes in Tunisian society. Significant investments permitted a reduction in mortality. While we can note in this period, the beginning of the demographic transition and the limitation of births among some social groups, the decline in fertility becomes noticeable on a national level only in the mid-1960s. The fertility transition took place in two phases. Up until the middle of the 1980s, changes in fertility resulted from a rise in the age at marriage, especially among the most educated and well-off couples. After the mid-1980s, the poorest, most "rural," least educated women also modified their reproductive goals, due to prior economic development and to the diffusion of ideas concerning a limited fertility. These women also adapted to the economic crisis experienced in Tunisia in the mid-1980s. The research currently underway hopes to demonstrate, by way of the Tunisian example, that if modernization is an impetus to new behaviours in social classes that may profit the most, economic development may also foster the generalization of these behaviours among the entire population. A second important part of this research consists of analyzing the relations between demographic strategies and household economic strategies in rural areas. Using primary data, we show that a decline in rural fertility rates may be seen as an adaptation to new and not all that favourable economic conditions. Household members, who can no longer live on agricultural activity alone, take on multiple activities. They thereby implement distribution choices in family labour (in farming, in migration, in the local job market. . . ) based on the gender, age and qualifications of each individual. Only an analysis of the organization and the division of family labour will allow us to understand why fertility declined in certain rural areas and why it remains high in others.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (416 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 316-352

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 01 PA10-71
  • Bibliothèque : Institut national d'études démographiques. Service de documentation.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : J1 GAST 2001
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