Poésie sonore et poétiques expérimentales

par Guiihem Fabre

Thèse de doctorat en Lettres, sciences humaines et sociales

Sous la direction de Anne-Marie Christin.

Soutenue en 2001

à Paris 7 .


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  • Résumé

    Née en France autour de la revue OU, la poésie sonore est souvent rejetée hors du champ de la littérature pour se voir dénier toute valeur esthétique. Elle s'inscrit en effet dans le réinvestissement, initié à la fin du dix-neuvième siècle, d'une matérialité du langage perçue comme extérieure au système de la langue. Ce réinvestissement conduit à interroger la définition saussurienne de la langue, et les modèles qui pensent l'oralité comme mise en oeuvre d'un code second, stricterment indépendant du code linguistique. A cette pensée univoque de l'oralité, qui en fait l'expression d'un sujet, les poétiques expérimentales de la voix substituent leur diversité: voix jaillissante et agressive du dadai͏̈ste Raoul Hausmann, opposant son individualité à toute réification sociale et discursive, voix traitée comme matériau d'une sonate par Kurt Schwitters, ou voix comme détachée du sujet, transénonciative, d'Antonin Artaud. Dans la continuité de telles expériences, mais aussi sous l'influence de la naissante poésie concrète, la poésie sonore est fondée sur une objectivation de la voix rendue possible par le magnétophone. Critère technologique ouvrant sur une première définition générique de la poésie sonore, le magnétophone, et les manipulations qu'il permet, est l'emblème de la volonté des auteurs de la revue OU de donner à entendre la voix dans sa matérialité, sur le mode d'une présence. Les divergences qui se font jour au sein de la revue manifestent l'émergence d'esthétiques attribuant des sens différents à cette démarche commune. De l'expansion du corps physique que constitue la poésie chez Henri Chopin à la communication toujours menacée que met en oeuvre Bernard Heidsieck, en passant par le geste incertain d'appropriation de sa propre voix par François Dufrêne, ces poétiques se rejoignent dans une mise en question de la notion de poésie par l'affirmation du lien qui unit le poéme au geste qui le fait naître, au corps du poète, à ce risque qu'est l'immanence.

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Informations

  • Détails : 2 vol. 479 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
  • PEB soumis à condition
  • Cote : TL (2001)65
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