L' Afrique en revues : le discours africaniste français, des sciences coloniales aux sciences sociales (anthropologie, ethnologie, géographie humaine, sociologie), 1919-1964.

par Marie-Albane de Suremain

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch.

Soutenue en 2001

à Paris 7 .


  • Résumé

    Le discours africaniste français produit par l'anthropologie, l'ethnologie, la géographie humaine et la sociologie, entre la fin de la Première Guerre mondiale ou l'apogée de la colonisation, et le début des années 60, au moment des indépendances des territoires africains, fait partie de la "bibliothèque coloniale" dont nous avons hérité et qui conditionne encore notre vision actuelle de l'Afrique. C'est pourquoi il est important d'en faire une histoire critique, examinant les rapports entre le pouvoir colonial et la construction de ce savoir scientifique, d'autant que ces représentations de l'Afrique ont servi à légitimer la politique coloniale. Ce discours africaniste a été produit dans les années 1920 essentiellement par des cadres coloniaux, des amateurs de la recherche sans formation ni spécialisation disciplinaire très cohérente, mais à partir des années 1930 une certaine professionnalisation du discours scientifique a été rendue possible par la constitution de réseaux de savants et d'institutions académiques, qui ont gagné en autonomie par rapport au pouvoir colonial. Le travail de terrain est devenu un critère légitimant de validité du savoir scientifique produit et la monographie la forme dominante d'écriture scientifique. Les années cinquante marquent une césure forte dans cette histoire, des scientifiques professionnels proposant une appréhension de l'Afrique en rupture radicale avec les stéréotypes dominants du discours africaniste. L'accent porté sur la situation coloniale de l'Afrique permet de relire les rapports sociaux et l'organisation des territoires en Afrique, de montrer la modernité de ce continent et d'en dégager une vision politique. L'organisation de la recherche en aires culturelles dans les années 1950 accroît le nombre de chercheurs africanistes mais, par le cloisonnement qu'elle instaure par rapport aux autres aires culturelles, ne se défait pas complètement du risque d'une approche exotique de l'Afrique.


  • Résumé

    The africanist discourse produced by anthropology, ethnology, human geography and sociology, from the end of First world war, i. E. The apogee of colonization, and the beginning of the 1960s, when the African territories became independent is part of the "colonial library" we inherited and which is still conditioning our present vision of Africa. That's why it's important to elaborate a critical history of it, examining the relationship between the colonial power and the construction of this scientific discourse, all the more since these representations of Africa were used to legitimate the colonial policy. This africanist discourse was produced in the 1920s mainly by the people who were in charge of the colonial authority and amateurs, with no consistent education in any of these scientific disciplines. From the 1930s on, a certain professionalization of this scientific discourse was made possible as academic networks and institutions were built, with more autonomy from the colonial power. The fieldwork became a legitimising criterion of this scientific knowledge and the monography was the dominant form of scientific writing. The 1950s are a strong cut in this history. Professional scholars proposed a new vision of Africa, in radical rupture with the dominating stereotypes of Africanise discourse. The focus on the colonial situation of Africa enabled them to reread the social relationships and the territorial organization in Africa, to show the modernity of the continent and to bring out a political vision of it. The organization of research in cultural areas in the 1950s increased the number of Africanise scholars but, due to the compartmentalization it created, it didn't totally erase the risk to have an exotic approach of Africa.

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Informations

  • Détails : 3 vol. (800 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f.748-782. Annexes

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  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
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  • Cote : TL (2001) 043

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  • Cote : MC 6030
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