L'oeuvre d'art comme expérience du sacré : essai d'interprétation des arts visuels de notre temps à la lumière de la pensée de Martin Heidegger et de Chögyam Trungpa

par Fabrice Midal

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Françoise Bonardel.

Soutenue en 2001

à Paris 1 .


  • Résumé

    Cette thèse de doctorat a pour ambition d'interroger les arts visuels de notre temps et d'en montrer le caractère sacré. Autrement dit, loin d'être comme pourtant son étymologie l'implique, une réalité séparée qui peut être donnée par surcroît à l'oeuvre, le sacré constitue, en fait, son être le plus propre. Le sacré n'est pas, isolé dans son autarcie, ce qui s'oppose au profane, mais rapport entier à tout. Peut ainsi être pensé le souci de tant d'artistes du XXe siècle de faire apparaître originairement et sans référence religieuse ce qu'est le sacré. Nous avons étudié entre autres Malévitch, Dubuffet, Fontana et Barnett Newman. Ces peintres montrent que la modernité dont ils sont les chantres, pensée en son fond, est nécessité de s'inventer pour soi-même ses propres règles, c'est-à-dire de mettre en jeu son propre rapport au monde. L'oeuvre d'art tire son sens d'elle-même et devient ainsi le site où l'espace plastique peut se déployer. Ce qu'elle donne à voir , est donc avant tout son propre être non comme présence constante, mais comme avènement de la présence elle-même. Le sacré ne préexiste pas à l'oeuvre. Il est d'abord absence puisque rien n'y est indépendamment de mon rapport à lui et peut, ainsi, dans l'art, être expérimenté comme un manque et déboucher sur la dérision et l'indifférence, ou bien au contraire être l'appel à une instauration sans cesse renouvelée. Le bouddhisme, étudié ici non comme une religion mais comme une pédagogie de l'Ouverture, permet de penser cette absence de fondement c'est-à-dire libération par rapport à toute recherche effrénée de fond, comme le seul lieu d'où puisse advenir une existence authentique. Penser ce site de l'oeuvre d'art demande, comme l'a montré Martin Heidegger, d'aller droit aux choses elles-mêmes et de se détacher de la tradition métaphysique pour libérer en elle le don qui constitue sa provenance, don qui permet de penser en quoi un artiste, aujourd'hui, pourrait bien être un poète ayant à nommer le sacré.


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Informations

  • Détails : 493 f.
  • Notes : Thèse reproduite
  • Annexes : Bibliogr. p. 462-480. Index

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