L'oubli de la phusis : du recouvrement par la modernité de la conception aristotélicienne de la nature

par Éric Fiat

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Dominique Folscheid.

Soutenue en 2002

à l'Université de Marne-la-Vallée .


  • Résumé

    La pensée d'Aristote eut dans l'histoire de la philosophie un destin singulier : tantôt en pleine lumière, tantôt rejetée dans l'ombre, au point qu'il peut sembler que l'humanité occidentale passa son temps et à oublier, et à redécouvrir Aristote. Cette pensée, nous avons cru pouvoir la désigner par un mot : phusis. Par ce mot, nous entendons désigner : une réalité ontologique ; le discours qui la décrit ; le rôle qu'elle joue en métaphysique et en éthique. Après avoir dit ce qu'il en était de la phusis, nous nous sommes demandés s'il n'y avait pas un oubli aristotelicien de la phusis : il ne nous a pas semblé. Malgrè la radicalité de sa signification, la révélation chrétienne elle-même n'a pas occulté le meilleur de la conception aristotelicienne de la nature : << Platon, pour disposer au christianisme >> a bien des égards l'hylemorphisme eut pourtant mieux disposé à l'accueil de l'incarnation. La pensée moderne en revanche n'a-t-elle pas eu pour fondement le rejet de la philosophie de la nature d'Aristote ? Ce rejet fut-il oubli, occultation, ou oubli de son oubli ? Ce qui fut rejeté n'était-il pas destiné à faire retour ? De cet oubli et de ses métamorphoses, nous avons trouvé témoignage d'abord dans l'oeuvre de Descartes (ou pourtant quelque chose de l'éthique et de l'hylemorphisme aristoteliciens revint) ; ensuite dans la pensée pascalienne de l'infini et du néant ; enfin chez Kant, accomplissant en morale le geste que Descartes n'osa faire. De cet oubli et de ses conséquences, nous avons trouvé traces dans le statut que donne à la technique notre époque, pensée comme modernité tardive, ou les enfants ne sont plus attendus, mais faits, les porcs non plus élèvés, mais produits : mort de la phusis. Hégéliens qui considérons l'aristotelisme comme une exigence permanente de la pensée, nous avons cependant cherché les germes possibles d'une résurrection de la phusis. Ce travail sur l'oubli de la phusis fut une discussion permanente avec la théorie heideggerienne de l'histoire de la philosophie comme histoire de l'oubli de l'être. Il n'invite pas à un retour à Aristote, mais veut rappeler la profondeur latente et les promesses de fécondite de la phusis

  • Titre traduit

    The forgetfulness of phusis


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Informations

  • Détails : 1 vol. (350 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 330-337 (135 réf.). Notes bibliogr. Index

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  • Cote : 2002 FIA 0114
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