La Bataille chez Hérodote et Thucydide, entre tragédie et politique : Logos et Ergon, délibération et récit de bataille : essai sur la représentation de la bataille dans l'historiographie grecque classique

par Bruno Monteil

Thèse de doctorat en Grec

Sous la direction de Jean-Pierre Levet.

Soutenue en 1996

à Limoges .


  • Résumé

    Longtemps considéré comme le type achevé de l'histoire politico-militaire, le récit de bataille a été remis en cause par les écritures romanesques (Stendhal, Tolstoi͏̈), questionné par les épistémologues (de Simmel à Paul Veyne), récusé par la Nouvelle histoire (Duby). Une étude moderne sur le récit de bataille antique dépend donc du statut de l'histoire dite "évenementielle". Abordant l'historiographie grecque classique (Hérodote et Thucydide), nous préférons repenser l'histotriographie de la bataille en terme de narrativité. Notre travail s'organise en trois étapes. Premier temps : il faut considérer la rétrodiction de l'épisode-de-bataille plutôt que l'historicité de l'évènement-bataille. On met ainsi en avant la perspective des historiens sur l'évènement raconté : Hérodote interprète les guerres dans le contexte du grand schisme politique des années 440-420 ; Thucydide, depuis la défaite athénienne de 404. Deuxième temps : dans le fil des études de Ricoeur, on construit l'interprétation à partir de la poétique (espace, temps, personnages, rhétorique) ; on montre comment la poétique, sans renoncer à la véracité, initie, renouvelle et gouverne la compréhension. Troisième temps : le récit suppose et impose l'exercice d'un jugement critique : juger ce qui a été fait au prix de ce qui aurait pu ou dû être fait. Dès lors, la théorie est requise comme instrument de la critique : comment sait-on ce qui aurait dû ou pu être fait ? La théorie de la bataille revêt la forme traditionnelle de la délibération étudiée par Aubenque à propos d'Aristote. Les historiens privilégient, comme Clausewitz, les grandeurs morales qui reflètent les forces politiques et les valeurs culturelles. Ainsi peut-on expliquer que la bataille apparaisse chez les deux historiens comme l'agôn politique par excellence, l'épreuve commune où se mesurent les Etats. Nous esquissons pour finir l'ide��e d'une condamnation morale implicite de la guerre conçue comme l'instrument tragique de la politique.


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