Accès des femmes au foncier et changement des comportements de procréation dans le Sud-Bénin

par Elisabeth Dijoux

Thèse de doctorat en Sciences économiques.Démographie économique

Sous la direction de Thérèse Locoh.

Soutenue en 0200

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    Cette recherche analyse les inégalités hommes-femmes dans les domaines de l'accès et du contrôle de la terre et leurs effets sur la vie reproductive féminine. Elle se fonde, essentiellement, sur les résultats d'une enquête quantitative (l'enquête "Fasmir") réalisée auprès d'un échantillon de 597 femmes (non célibataires) de quatre villages du Bénin méridional. Cette région se caractérise à la fois par de très fortes densités de peuplement et par une intégration ancienne de l'agriculture dans les rapports marchands. Dans le Sud-Bénin, comme dans la quasi totalité des sociétés subsahariennes, le régime foncier coutumier ne reconnâît pas aux femmes les mêmes droits sur la terre qu'aux hommes. La terre se transmet en ligne masculine et les femmes sont donc exclues de l'héritage foncier. Elles ne possèdent que des droits d'usufruit précaires sur la terre de leur époux et sur celle des hommes de leur patrilignage. Les femmes rencontrent des difficultés croissantes pour exercer leurs droits fonciers. Ainsi, d'après l'enquête Fasmir, près d'un tiers (31 %) des femmes sont privées de droits fonciers. Cette proportion est plus forte dans les jeunes générations: environ 40 % des femmes de moins de 35 ans sont privées de droits fonciers contre 20 % des femmes plus âgées. Les difficultés d'accès des femmes au foncier ne résultent pas uniquement de l'accroissement de la pression démographique. Elles proviennent également de la politique agricole et foncière menée par l'État au cours des années 1960-1980 et du développement d'un marché foncier. La remise en cause des droits fonciers coutumiers des femmes a contribué à provoquer un recul de l'idéal nataliste dans les jeunes générations. Dans l'ensemble, les femmes de moins de 35 ans souhaiteraient une famille moins nombreuse (quatre enfants ou moins) que leurs aînées. Ce changement d'attitude s'accompagne d'un développement de la pratique de la limitation des naissances dans les jeunes générations. Toutefois, I'évolution des comportements et des attitudes dans le domaine de la procréation ne résulte pas seulement d'un processus de paupérisation d'une partie importante de la population féminine, exclue de l'accès à la terre. Il procède aussi d'une augmentation de la scolarisation féminine et d'une modification des rapports hommes-femmes à l'intérieur de la famille, caractérisée par une plus grande maîtrise des fernmes sur leur vie reproductive et par un accroissement de leur marge de liberté dans les échanges matrimoniaux entre lignages.

  • Titre traduit

    Women's access to land and reproductive behaviour in Southern Benin


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  • Détails : 1 vol. (374 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
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  • Cote : E4 DIJO 2001
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