Une politique de la mort : tombeaux royaux de la péninsule ibérique : XIe - XIIIe siècle

par Xavier Dectot

Thèse de doctorat en Histoire de l'art funéraire médiéval

Sous la direction de Alain Erlande-Brandenburg et de Xavier Barral i Altet.


  • Résumé

    La mort des souverains de la péninsule ibérique fait l'objet d'une mise en scène reposant sur divers modèles : le rituel mis en place par Ferdinand 1er de Castille et Léon au XI e siècle, les récit de la mort du Cid et des personnages bibliques. A partir du XII e siècle se mettent en place des techniques d'embaumement. Les souverains sont enterrés avec un mobilier funéraire important, voire avec le squelette d'un animal familier. L'enterrement se fait près des reliques, quitte à procéder à une translation de celle-ci. Les souverains s'assurent aussi de recevoir des prières, parfois en détournant les routes du pèlerinage. Il faut aussi noter une transformation du statut des rois défunts : à la fin du XIIIe siècle, ils se voient prêter des vertus proches de celles des corps saints. D'abord enterrés dans les bâtiments adjacents aux églises, les souverains imposent leurs tombeaux au sein de l'édifice, entre cœur et sanctuaire, voire dans le rond-point. Le choix du lieu de sépulture repose sur deux types de considérations : l'affirmation dynastique qui se traduit par une sépulture auprès de prédécesseurs auxquels le souverain tient à se rattacher, et la dévotion personnelle qui seule permet d'expliquer le choix d'une sépulture à l'écart de tout prédécesseur où successeur. A l'intérieur même de l'édifice, l'emplacement relatif des tombes opère, par les relations qu'il crée, une réécriture de l'histoire, dimension que les réorganisations de tombeaux rendent encore plus sensibles. Un phénomène marquant est la fidélité des souverains de la péninsule au sarcophage, qui est employée jusque dans les premières années du XIV siècle. Il ne s'agit pas là cependant d'un choix exclusif, puisque certains commanditaires optèrent pour des gisants ou pour des dalles. A mesure qu'elles se développe, l'iconographie des tombeaux témoigne de leur dimension politique par ses multiples références au souvenir de l'imperium wisigothique ou, parfois, à l'empire carolingien ou germanique.

  • Titre traduit

    Politics of death: royal tombs of the iberian peninsula


  • Résumé

    The death of the kings of the Iberian Peninsula was organized as a show, with various references: the ritual initiated by Fernando the 1 st of Castilla and Leon in the XI th century, the tales of the death of the Cid and the biblical models. From the XII th century on, embalming procedures are found. Kings were buried with important funerary material, including in some cases a pets' skeleton. Burial was made near of relics, moving those across the land if necessary. Kings also made sure of receiving prayers by modifying pilgrimages roads. One must also note a change in the status of the dead kings who, at the end of the XIII th century, have virtues approaching those of a dead saint. Buried at first in buildings adjoining the church, their kings eventually obtain to be buried inside the church, between the choir and the altar or even in the sanctuary itself. The election of the burial place has two directing principles: the expression of the dynasty, through a burial near important predecessors and personal devotion, which is the only explanation for some sepultures far from other kings. Inside the building, the relative location of the tombs instigates, through the relations it creates, a rewriting of history, a dimension which the reorganization of toms make even more clear. An important phenomenon is the fidelity of Iberian kings to the sarcophagus, which remains in use up to the early XIV th century. Nevertheless, some kings choose other forms, like recumbent figures or tomb slabs. As the iconography becomes more complex, it underlines the political dimension of the tombs, multiplying references to the wisigothic imperium or to the Carolingian or Germanic empire.

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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2009 par Brepols à Turnhout

Les tombeaux des familles royales de la péninsule ibérique au Moyen Âge


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La version de soutenance existe sous forme papier

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  • Détails : 3 vol. (667 f. dont 47 f. de pl.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliographie f. 562-621. - Index

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  • Bibliothèque : École pratique des hautes études. Service Commun de la documentation, des bibliothèques et des archives.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 4 Ms 204 (1)
  • Bibliothèque : École pratique des hautes études. Service Commun de la documentation, des bibliothèques et des archives.
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  • Cote : 4 Ms 204 (2)
  • Bibliothèque : École pratique des hautes études. Service Commun de la documentation, des bibliothèques et des archives.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 4 Ms 204 (3)
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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2009 par Brepols à Turnhout

Informations

  • Sous le titre : Les tombeaux des familles royales de la péninsule ibérique au Moyen Âge
  • Dans la collection : Histoires de famille , 7
  • Détails : 1 vol. (311 p.)
  • ISBN : 978-2-503-52670-6
  • Annexes : Bibliogr. p. 271-297. Notes bibliogr. Index
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