Bases écologiques de la conservation du phoque gris Halichoerus grypus en mer d'Iroise

par Cécile Vincent

Thèse de doctorat en Océanologie biologique

Sous la direction de Vincent Ridoux.

Soutenue en 2001

à Brest .


  • Résumé

    Cette étude avait pour objectif de définir les bases écologiques de la conservation du phoque gris Halichoerus grypus dans le cadre du futur Parc National Marin de l'Iroise. Des recensements réguliers effectués dans l'archipel de Molène de Décembre 1997 à Août 2000 ont permis d'estimer que 43 phoques en moyenne était instantanément présents sur le site. Ces effectifs ont augmenté de +6% par an en moyenne depuis 1991/1994. Des variations saisonnières d'effectifs et de composition de sexe et d'âge du groupe ont suggéré des rotations saisonnières des phoques, confirmées par les schémas saisonniers de présence d'individus photo-identifiés de 1998 à 2000. Il a ainsi été estimé qu'un minimum de 128 individus différents fréquentait chaque année l'archipel de Molène. L'étude des mouvements individuels a montré que des échanges entre les colonies bretonnes et les colonies britanniques de phoques gris étaient fréquents et concernaient des individus de tous âges. L'utilisation de l'espace terrestre par les phoques a été détaillée dans l'archipel de Molène et a permis de montrer que les individus utilisaient généralement un ou quelques sites préférentiels, qu'ils retrouvaient d'une année sur l'autre. L'utilisation de balises Argos a montré une grande variabilité individuelle de mouvements en mer et de stratégies de chasse. Les phoques ont tous exploité des zones différentes ; certains ont effectué de longs trajets en mer pour chasser tandis que d'autres exploitaient des habitats très côtiers. Ces observations confirment que le phoque gris est une espèce généraliste constituée d'individus spécialistes. Cette étude indique que les groupes de phoques gris de Bretagne ne constituent pas des entités fermées et sédentaires, mais sont constitués d'individus utilisant les sites bretons parmi d'autres autour de la Mer Celtique et de l'Ouest de la Manche au cours de leur cycle annuel. De même leurs zones potentielles de chasse sont très étendues et dépassent largement les limites du Parc Marin de l'Iroise. L'impact de la prédation des phoques gris sur les ressources halieutiques locales, à l'intérieur du Parc Marin, est donc certainement négligeable. La conservation de l'espèce en France devra plutôt être focalisée sur la gestion de l'habitat terrestre favorable à la présence des phoques, que sur la sauvegarde des individus. La gestion des ressources halieutiques et des interactions entre phoques et pêcheries devra se faire sur une plus large zone géographique.


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 222-[65] p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliographie p.207-214

Où se trouve cette thèse ?