James Joyce : un héritage encombrrant : Flann O'Brien, John McGahern, John Banville

par Stéphane Jousni

Thèse de doctorat en Études anglaises

Sous la direction de Paul Gueguen.

Soutenue en 2000

à Rennes 2 .


  • Résumé

    Auteur d'une oeuvre monumentale, dont chaque volet a constitué une forme de révolution artistique, James Joyce (1882-1941) a laissé aux auteurs irlandais de langue anglaise un héritage colossal. En bouleversant les codes narratifs, en forgeant une nouvelle langue, en subvertissant la hiérarchie qui jusque là subordonnait l'écriture au réel, Joyce a incarné et incarne encore une modernité dont les générations successives d'écrivains ont porté le poids écrasant. L'analyse comparative, intertextuelle, des écritures de Flann O'Brien (1911-1966), John McGahern (1932-) et John Banville (1945-)permet, dans une perspective historique, de soulever la question de l'influence de Joyce sur les romanciers irlandais du XXe siècle. Représentatifs de leur génération, ces trois auteurs ont chacun intégré dans leur oeuvre une part significative du patrimoine joycien, dont il devient alors possible de commencer à mesurer l'ampleur, voire la force inhibitrice. Quasi-contemporain de Joyce, quelque peu écrasé par un grand frère qu'on lui a reproché toute sa vie d'inmiter, Flann O'Brien a fait fructifier, dans une écriture métafictionnelle qui doit beaucoup à Ulysses, la part ludique de l'héritage, sans toutefois parvenir à faire entendre haut et clair sa voix de créateur. Une à deux générations plus tard, John McGahern, qui s'est inscrit dans le courant de réalisme symbolique dont Dubliners rest un exemple inégalé, demeure, malgré la force indéniable du souffle poétique qui traverse son oeuvre, impuissant à assumer totalement la succession, continuant partiellement d'écrire comme si Joyce n'avait pas existé. Seul John Banville, dont la recherche du côté d'une écriture trans-sémiotique héritée du maître renouvelle la création romanesque, semble, avec le recul apporté par trois-quarts de siècle et le bénéfice des acquis de la "post-modernité", de taille à permettre à la littérature irlandaise de tourner la page écrite par Joyce. L'encombrant héritage va-t-il, enfin, pouvoir être géré?

  • Titre traduit

    Under the shadow of James Joyce : Flann O'Brien, John McGahern, John Banville : taking up legacy


  • Résumé

    @Creator of an immense work, each of whose opus constituded an artistic revolution, James Joyce (1882-1941) has left to Anglo-Irish writers a formidable legacy. Leaving behind the XIXth century novel, Joyce irrevocably altered the modern literary map. Representing that moment of transition for contemporary sensitivity known as modernity, Joyce's work undeniably was and still is a burden to generations of Irish writers. A comparative study of O'Brien, McGahern and Banville's novels and short stories can lead to a fruitful historical analysis of Joyce's influence on XXth century Irish literature. Each of those three writers has indeed benefited, consciously or inconsciously, from the literary lessons of the " master ", whose heritage, possibly a source of inhibitions, is now possible to measure. Altohgh Flann O'Brien (1911-1966) was hailed as the author of several masterpieces, the general critical reception derided the Joycean undertones of his work, and tended, not undully so, to condemn his work as inferior imitation. As a matter of fact, O'Brien remains as the first Irish metafictionalistalong with Joyce. Less than two generations later, John McGaherrn (1932-)appeared on the Irish literary scene. Undeniably marked by Joyce's early work, whose realistic and symbolical influence can be perceived in most of his short stories and some of his novels, McGahern only reluctantly admits his indebtedness to the author of Dubliners. And despite the poetic originality of his writings, he continues to write as though James Joyce had never existed. As for John Banville (1945-), who seems to have inherited Joyce's sense of experimentation as well as his capacity to recycle the work of his predecessors, he has obviously started to pave the way to new forms of literature -maybe for the first time since Ulysses. With Banville, the Irish literary community may be able to turn over the leaf Joyce wrote nearly a century ago.

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Informations

  • Détails : 2 vol.,(568p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p.544-560.Index

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  • Bibliothèque : Université Rennes 2. Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire centrale.
  • Disponible pour le PEB
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