Histoires du sang des femmes grecques : filles, femmes, mères : à l'époque classique d'après les écrits médicaux et biologiques

par Lydie Bodiou

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Pierre Brulé.

Soutenue en 2000

à Rennes 2 .


  • Résumé

    En Grèce classique, de leur destin biologique, les femmes passent d'un même souffle à leur destin social, destin dont les lieux d'articulation se situent au fil du développement de la vie individuelle. Tous les moments importants de la vie de la femme grecque affectent son corps dans ses transformations physiologiques, mais aussi transformations socialises, réglées par la cite. Le biologique s'inscrit sur le biographique. Dans le flot des événements de la vie d'une femme grecque, les seuls signes qui nous sont apparents sont ceux qui entourent la mort, la naissance ou le mariage. Ce sont, pour elles, les moments ou le sang coule. Les médecins et biologistes, qu'il s'agisse des hippocratiques ou d'Aristote nous décrivent les femmes, comme jamais les hommes de leurs temps ne l'ont fait. Ils nous les montrent de l'intérieur, mais surtout, ils nous les laissent parfois entendre. Car ces hommes nous parlent des mères, avant tout de leurs maladies certes, mais ca et la, on décèle leurs inquiétudes, leurs peurs, leurs douleurs, surtout leurs souffrances, de mettre ou ne pas mettre, ces enfants au monde. Qui sont-elles ces mères grecques, celles qui font les petits des hommes, celles qui font des petits aux hommes. Ces mères que l'on ne nomme pas. Des mères silencieuses, anonymes, toujours dépeintes en creux. Comment vivent-elles ce moment particulier de leur vie ? Et d'ailleurs, le vivent-elles particulièrement ? L'apparition des premières règles chez la parthenios constitue un heureux pressage, les règles sont espérance d'enfant. Mais il faut la marier, le plutôt possible, qu'elle soit déflorée. Qu'elle saigne ? Saigner encore, quand elle met l'enfant au monde et sans doute, souvent, mourir en saignant mais si elle a traverse toutes ces épreuves, c'est la fin du sang, la ménopause, le sang cesse de couler à jamais. Mais ce sang l'a quelque chose de magique. Le sang coule périodiquement car la matrice est béante, ouverte. Lorsque celle-ci se ferme sur la semence de l'homme, le sang cesse de couler pour nourrir l'enfant. Lors de l'accouchement, la matrice s'ouvre pour offrir le passage a l'enfant, le sang coule, mais peu, car il va se transformer en lait. Puis le sang se met à couler à nouveau, la femme est ouverte à d'autres créations. Le sang verse a fait d'elle une femme et une mère. Le sang est le grand baromètre de la vie de la femme. Son apparition marque le début de l'épanouissement du corps, sa disparition la fait entrer brusquement dans l'antichambre de la mort. Lorsque la femme ne perd plus ses fleurs, les "fleurs rouges des mois", elle se fane. Le corps a alors bouclé son cycle.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (480 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 440-473. Notes bibliogr.

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  • Bibliothèque : Institut de recherches historiques du Septentrion. Bibliothèque.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 795
  • Bibliothèque : Université Rennes 2 - BU centrale (Rennes).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TR RENNES 2000/10
  • Bibliothèque : Bibliothèque Gernet & Glotz (Paris). (Contact: Marie LERAT) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : THE.BODIOU.Sang
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