La "poésie critique" de Mallarmé : d'une poétique de l'ambigui͏̈té

par Sylvia Massias

Thèse de doctorat en Littératures comparées

Sous la direction de Colette Astier.

Soutenue en 2000

à Paris 10 .


  • Résumé

    L'oeuvre de mallarme suggere le pressentiment d'une realite originelle et supreme, logee desormais dans les mots pour un poete qui a fait le deuil de toute illusion theologique et metaphysique et pour qui la poesie est devenue << la seule tache spirituelle >>. Ses derniers textes en prose n'echappent pas a une telle caracterisation et paraissent traquer une realite indicible - d'ou peut-etre leur <<obscurite >>. On examine tout d'abord la poetique de ces textes (publies dans les divagations) en presentant l'analyse de trois variations sur un sujet. On montre que cette poetique prend la forme d'une poetique de l'insaisissable, le poete ne saisissant que le rapt de son << idee >> tout en s'obstinant a la traquer dans son evanescence meme. Poetique de l'ambiguite, d'une parole qui prefere taire plutot que dire, du double refus d'affirmer et de nier : l'esprit est confronte a une telle dissolution tenue du sens que la question se pose de savoir si cette poetique est vraiment fondee sur la tentative d'elucidation, ou meme de << suggestion >> d'une realite pressentie, de quelque nature qu'elle soit, poetique ou autre. Sans pretendre trouver la clef de cette contradiction, on a pu chercher quelques elements d'explication du cote des annees de jeunesse du poete et de la correspondance qui en temoigne. La << crise >> de 1866 a-t-elle veritablement trouve un denouement ? il ne le semble pas : le drame intellectuel et spirituel s'est mue en l'agonie secrete d'un reve qu'une tendance destructrice n'a toutefois jamais pu aneantir. L'esprit du poete est devenu le lieu d'un conflit irreductible entre deux forces opposees - l'une qui nierait l'elan poetique, l'autre qui atteste sa survie indefectible, ainsi que celle d'un irrepressible besoin de chanter. L'ambiguite des textes en prose pourrait etre decrite dans les termes d'un tel rapport de forces, irrationnelles et probablement en partie inconscientes. Elle atteste peut-etre ainsi et la << mort >> de la poesie, et sa survie indefectible.


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Informations

  • Détails : 371 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. : f. 347-371

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