Investissement des idéalités mathématiques et potentialité psychotique

par Annie Kuess-Franck

Thèse de doctorat en Sciences humaines cliniques

Sous la direction de Maurice Dayan.

Soutenue en 2000

à Paris 7 .


  • Résumé

    Ce travail explore le lien entre un certain investissement de la pensée mathématique et une "potentialité psychotique" (P. Aulagnier). Conduit à partir de l'étude détaillée de deux mathématiciens, il se veut essentiellement clinique et refuse d'être la simple "illustration" d'une théorie, quelle qu'elle soit : il est plutôt la tentative de transposer dans un écrit la façon dont, dans le travail même des séances, la théorie et la clinique s'éclairent mutuellement. La question de la recherche - comment l'investissement d'une forme de pensée (mathématique) permet de maintenir un équilibre hors de manifestations psychotiques - est centrée sur l'examen du lien entre les avatars de la construction identificatoire de ces sujets (et ses achoppements dans le processus de déidéalisation) et d'autre part, les idéalités mahtématiques. Un premier temps du travail dégage les spécificités d'un investissement de la pensée mathématique, mais dans le souci constant de cerner leur éventuel rapport avec des aspects d'un enkystement de la "pensée délirante primaire". Est soigneusement évitée une généralisation sur l'investissement de la pensée mathématique, fondée sur une - impossible - "interprétation" univoque de l'intérêt pour les mathématiques. Deux formulations - (J-T Desanti après Husserl) "les idéalités mathématiques", et (G-G Granger) "le virtuel" - permettent de définir le rapport spécifique de la pensée mathématique à la réalité : ses objets concernent bien la réalité (nullement écartée et visée ultime d'étude) ; mais la relation à l'expérience sensible s'y trouve radicalement éloignée, les conditions d'une "actualisation" n'y sont même pas envisagées. Ces objets, constitués dans un langage qui leur est propre, par l'action d'une "idéalisation", les affranchit radicalement de tout rapport avec la subjectivité, le monde sensible, les corps, la particularité d'un temps ou d'une culture. Dès lors, ces objets peuvent se faire le support pour les deux sujets, dont l'histoire est marquée d'un impensable (ceci est un point essentiel de leur histoire), d'une possibilité de continuer à penser et à investir, malgré la mise à l'écart, drastique chez eux, d'une certaine part de la réalité, ayant trait en particulier à des repères fondamentaux sur l'origine. Un accès à un plaisir fondamental pour le Je est ainsi préservé : celui de s'éprouver vivant en pensant.


  • Résumé

    The issue dealt with in this research, involves a link between a specific cathexis of the mathematical thought and a "psychotic potentiality" (P. Aulagnier). The research is based on a detailed observation of two mathematicians. It tends to be essentially a clinical study and refuses to be a mere illustration of a theory, whichever it may be : it is rather an attempt to articulate in a text, the way in which, during the therapy sessions, theory and practice enlighten each other. How, by investing a specific thinking (mathematical thinking), some individuals manage to remain quite balanced, free of any psychotic manifestations ? This research is based upon the study of link between the identification building of these individuals (and its failures as far as the process of "de-idealisation") and the mathematical idealities. The first step of the research explores the specificities of the cathexis of mathematical thought aiming at understand their links with some aspects of an encystement of the "primary delirious thought". Any generalization regarding the cathexis of mathematical thinking based on an impossible interpretation of the interest for mathematics, has been carefully avoided. Two theories - "mathematical idealities" (J-T Desanti following Husserl) and "virtual" (G-G Granger) allow us to define a particular link with reality : the relation to sensitive experiment is totally out of concern, the conditions for an "actualization" to occur, are not even contemplated. The mathematical objects are continued, in inner language, by the way of an "idealization" which radically sets them free from any relation to subjectivity, to the sensitive world, to bodies, to the specificity of other time or other culture. Therefore, knowing in the history of two individuals, something which cannot be thought remains alive, "Virtuality" or "ideality" can be the backing of carrying on with thinking and leading a cathexis in spite of the fact a part of the reality (linking with the basic markers of origins) is still totally put aside. Yet it gives an access to a main satisfaction of the ego : to feel alive and able to think.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (309 p.)
  • Notes : Reproduction autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 297-306

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  • Bibliothèque : Université Paris Diderot - Paris 7. Service commun de la documentation. Bibliothèque Universitaire des Grands Moulins.
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  • Cote : TL (2000) 091
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