Empire et métissages : la naissance du Pays d'En Haut, une région franco-amérindienne, 1660-1715

par Gilles Havard

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Élise Marienstras.

Soutenue en 2000

à Paris 7 .


  • Résumé

    A partir des annees 1660-1670, quelques centaines de francais sillonnent puis occupent l'ensemble des grands lacs (le "pays d'en haut"), scellant des alliances avec de nombreux groupes autochtones et etablissant une serie de comptoirs, de missions et de forts. Cette expansion, qui s'apparentait a une occupation sans peuplement s'opposait a la colonisation compacte du saint-laurent. L'histoire du pays d'en haut fut celle de l'imbrication d'un pays indien et d'un empire colonial. Deux espaces sociaux et deux spheres de "souverainete" s'emboitent, et deux dynamiques "aspirantes" sont a l'oeuvre: l'une conduit a l'incorporation des grands lacs dans l'empire; l'autre voit l'integration des francais au pays indien. Si le pays d'en haut n'appartenait pas pleinement a l'empire, il subissait son influence. Ce debut d'incorporation, fruit de l'alliance, procedait aussi d'une logique de conquete, et inscrivait les autochtones dans un processus d'infeodation. C'est le tour de force de la colonisation francaise en amerique du nord que d'avoir controle avec tres peu d'hommes des espaces etendus, grace a un mode d'occupation original, a la fois "connecte", hydrographique et proto-urbain. La reussite des francais reposait aussi sur la relative "plasticite" de l'empire, qui s'enracinait dans le pays d'en haut autour des echanges et des metissages. La specificite regionale du pays d'en haut procedait des multiples effets de peripherie et des syndromes concomitants du "milieu": le milieu geographique, mais aussi le milieu comme entre-lieux et comme creation franco-indienne. Les diverses formes d'acculturation et de metissage qui etaient a l'oeuvre, si elles n'etaient pas aussi fusionnelles que dans l'amerique iberique, donnerent naissance a une culture regionale originale. Souvent imposes par les conditions de vie locales, les metissages ne repondaient pas toujours a une strategie du "centre", mais, loin d'etre incompatibles avec le colonialisme, ils en constituaient l'une des armes. Cette formule geopolitique permit non seulement de controler l'interieur du continent mais conditionna aussi le destin de la colonie laurentienne.


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Informations

  • Détails : 829 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 750 ref.

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