Vasoréactivité des vaisseaux humains : applications à la chirurgie coronaire

par Catherine Chardigny

Thèse de doctorat en Médecine

Sous la direction de Jean-Noël Fabiani.

Soutenue en 2000

à Paris 5 .


  • Résumé

    Actuellement, le choix de greffon pour le pontage coronaire repose sur des bases encore mal définies. L'utilisation croissante des artères, en particulier l'artère mammaire interne et l'artère radiale, comme greffons en chirurgie coronaire pose le problème de la compréhension de la vasoréactivité artérielle et du phénomène spastique. Les facteurs de spasme sont nombreux pour le greffon artériel : les propriétés intrinsèques du type d'artère, musculaire pour l'artère radiale, musculo-élastique pour l'artère mammaire interne, le prélèvement chirurgical, la conservation peropératoire du greffon, la perfusion peropératoire de solutions cardioplégiques dans le greffon libre, les interactions avec les éléments figurés du sang, plaquettes et leucocytes dans le contexte de la circulation extracorporelle, les médicaments utilisés en réanimation post-opératoire, enfin les éventuels gestes d'angioplastie avec risque d'hyperplastie myointimale. Nous avons étudié trois types de greffons artériels en chambres d'organes : artères radiale, mammaire interne et gastro-épiploi͏̈que. Dans un premier temps, nous avons montré que la vasoréactivité en réponse à des substances fondamentales telles que la norépinéphrine, la sérotonine et le thromboxane A2 est différente selon le greffon. La force de contraction maximale la plus importante a été démontrée pour l'artère radiale, puis l'artère gastroépiploi͏̈que, et enfin l'artère mammaire interne. La présence d'un endothélium entrainait une réponse différente par rapport à son absence, c'est à dire une force de contraction moindre, grâce au rôle régulateur des facteurs vasorelaxants d'origine endothéliale. Dans un deuxième temps, nous avons étudié l'interaction des plaquettes avec le greffon radial et le greffon mammaire interne. La réponse de l'artère radiale à l'interaction avec des plaquettes a été une plus grande sensibilité, d'autant plus que l'artère était dépourvue d'endothélium. Le dosage par immuno-enzymo-essai de la prostacycline basale, a montré une plus grande capacité à synthétiser la prostacycline dans l'artère mammaire interne par rapport au greffon radial, et une diminution de sa synthèse sous angiotensine I/II pour l'artère mammaire interne. D'autre part, les effets de différentes solutions cardioplégiques type Wisconsin, versus Broussais, versus cardioplégie sanguine, ont été étudiés sur l'artère mammaire interne par incubation des anneaux vasculaires dans des chambres d'organes. La cardioplégie sanguine, comparée au liquide physiologique de Krebs, a été la plus conservatrice quant à la fonction endothéliale et la fonction musculaire lisse. Une autre partie du travail a consisté à analyser en chambres d'organes les effets de différentes drogues inotropes sur un modèle d'artère musculaire : l'artère du muscle grand dorsal. L'épinéphrine, la norépinéphrine et la phényléphrine ont montré un effet vasoconstricteur puissant, la dobutamine et l'exoximone ont été des dilatateurs puissants, alors que l'isoprénaline et la dopamine n'ont pas eu de conséquences sur la vasoréactivité à des concentrations compatibles avec celles dans le plasma en thérapeutique humaine. Enfin, un traitement antisens a été effectué sur un modèle de désendothélialisation d'aortes de rats et ses effets sur la vasoréactivité ont été analysés au 21ème jour post-traitement. L'antisens AS 18 a montré une récupération d'un endothélium fonctionnel plus rapide par rapport au contrôle. Ces résultats soulignent les différences fondamentales de comportement de la réactivité des artères humaines. Ils démembrent un certain nombre d'étapes où le vaisseau peut réagir par un spasme, conséquence pouvant aboutir à de graves complications chez le patient opéré des artères coronaires. La prévention de la vasoconstriction des artères musculaires peut avoir d'importantes implications thérapeutiques en chirurgie coronaire.


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  • Détails : 267-XIX f.
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