Les "Godobé" de Bangui (RCA) ou la construction sociale de la délinquance juvénile dans la ville africaine

par Aimé-Sylvestre Seme

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Anne Marie Jeay.

Soutenue en 2000

à Nancy 2 .


  • Résumé

    Cette recherche en sociologie a été effectuée en république centrafricaine et dans sa capitale Bangui. Deux quartiers de la ville de Bangui sont particulièrement pris en compte, il s'agit des quartiers kilomètre 5 et combattant que nous avons choisis en raison des a priori qui leur sont attachés en tant que vecteurs de la délinquance urbaine. Nous avons étudié la situation et la perception d'une catégorie sociale dénommée Godobé, en recherchant le sens originel de ce terme et ses implications sociales. Il en résulte que ce terme a connu une évolution dans le temps. De nom propre appartenant à une famille à nom commun désignant une catégorie particulière de jeunes gens. Aujourd'hui le sens commun de Godobé reste celui de jeunes garçons ayant la rue comme terrain d'activités et soupçonnés d'y avoir des activités répréhensibles. Le terme Godobé étant trop souvent assimile a celui, français, de "délinquant", nous nous sommes poses la question de la signification de cette assimilation, aussi bien au sens social qu'au sens pénal. Qui est inclus ou pas dans cette catégorie et pourquoi ? Comment peut-on expliquer la classification d'un individu jeune dans cette catégorie socialement construite ? Nous nous sommes rendu compte que l'attribution de cette étiquette vient avec le choix de vie, ou simplement la vie en dehors du schéma - type de réussite sociale. Le Godobé serait un jeune de sexe masculin vivant dans les lieux publics et non dans une famille, il ne travaillerait pas et n'irait pas à l'école non plus. Le Godobé se livrerait à des activités illicites dans la rue. Finalement, seraient Godobé tous ceux qui vont dans la rue pieds nus, vêtus seulement d'un short en lambeaux retenu par une cordelette, ce qui est l'uniforme de la pauvreté mais pas forcement de la délinquance. Nous avons étudié également le mode de vie de ceux ainsi désignés. Nous avons constate que ceux qui portent l'étiquette Godobé ne sont pas toujours des délinquants, ont souvent un travail et sont mal vetus a cause de leur pauvreté, qu'ils peuvent travailler dans la rue et rentrer le soir dans une famille. Nous avons aussi observe que, parmi eux, il y avait aussi des filles délinquantes et sans famille. Les attitudes sociales a l'égard des Godobé sont le rejet ou mépris de la part de la population générale, la répression de la part des forces de l'ordre (police, gendarmerie et ocrb).

  • Titre traduit

    Godobe in Bangui (CAR) the social construction of youth deviance in an African town


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Informations

  • Détails : 1 vol. (245 p.)
  • Notes : Reproduction non autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 222-230

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  • Bibliothèque : Université de Lorraine. Direction de la Documentation et de l'Edition. Bibliothèque universitaire Lettres et sciences humaines.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : LN 000/30
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