Le citoyen et le politicien : étude ethnopolitologique en agglomération lyonnaise

par Paul-Emmanuel Ghibaudi

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Paul Bacot.

Soutenue en 2000

à Lyon 2 .


  • Résumé

    "La vie sociale est ainsi faite : lorsque deux personnes se rencontrent, elles peuvent parler de la pluie ou du beau temps, mais il arrive aussi qu'elles parlent politique", pour reprendre l'expression courante. Politiser n'est pas un travail objectif, consistant à évoquer des sujets qui seraient par définition "politiques" et dont les architectes seraient eux-mêmes, par définition, des "acteurs politiques". La politisation est une construction sociale engageant une multiplicité d'acteurs autour d'une multiplicité de représentations sociales mettant en scène des clivages. Cette conflictualité résulte elle-même de la construction sociale de problèmes générateurs de logiques de résolution et de dynamiques de mobilisation contradictoires. La politisation a ainsi pour rôle de gérer, de médiatiser sur une scène de débat, les tensions sociales latentes. Mieux comprendre la politisation dans la France d'aujourd'hui impliquait donc de mesurer le rôle de chaque type d'acteurs participant à ce travail complexe de construction sociale et de réhabiliter l'homme de la rue, longtemps ignoré mais pourtant à la source de nombreux processus de politisation dans son environnement quotidien. Comprendre la politisation impliquait aussi de situer les processus actuels par rapport à une histoire sociale au cours de laquelle les formes du rapport au politique ont constamment évolué. Si longtemps un ordre social institutionnalisé lourd a prévalu, dictant le rapport de chaque acteur au politique en fonction de la position de sa catégorie sociale au sein de cet ordre, les grandes mutations socio-économiques des dernières décennies ont déréglé ces systématismes en désagrégeant ces catégories traditionnelles. Dans le même temps, la politique institutionnelle incarnée par les grands partis de gouvernement a perdu la ferveur de ses grands débats idéologiques houleux d'antan au profit d'un professionnalisme gestionnaire oeuvrant pour l'économie de la cité et cherchant à rassembler les citoyens de toutes les opinions, oubliant par là même de politiser. Toutes les bases d'une crise de la politisation institutionnalisée ont ainsi été posées. Face à l'institution, la démocratie reprend ses droits et le citoyen élabore les nouvelles bases d'une conflictualité radicale, comme pour signifier à ses élus qu'on ne peut ignorer les clivages dans une société complexe composée d'une multiplicité d'acteurs et de groupes aux représentations divergentes. Les acteurs politiques extrémistes plus proches de ces visions radicales s'en trouvent désormais valorisés dans l'opinion publique. Le citoyen que les mutations socio-économiques ont chassé des catégories sociales traditionnelles semble désormais mener la danse en condamnant et en affaiblissant les modèles partisans nationaux correspondant à l'ancien ordre institutionnel et dont les schémas de représentation ne correspondent plus aux siens. Ce citoyen marginalisé parvient difficilement à élargir le champ de son rapport au politique, ramenant le débat à une échelle plus proche de lui. Seules quelques catégories professionnelles stables semblent assurer la défense des anciens modèles partisans nationaux. Une autre forme de médiation de la conflictualité semble donc vouloir prendre naissance, mais sans l'écran d'un système politicien et d'une cité élargie où ce système puisse s'épanouir.


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Informations

  • Détails : 409 f.
  • Notes : Thèse non reproduite
  • Annexes : Bibliogr. p. 382-391

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