L'eloquence parlementaire sous la monarchie de juillet. Guizot, thiers, tocqueville

par ANNE JEANNIN VIBERT

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Lise Queffélec.

Soutenue en 2000

à Grenoble 3 .


  • Résumé

    L'eloquence, et a fortiori l'eloquence parlementaire, n'est plus un objet d'etude litteraire. Pourtant, jusqu'au xixe siecle, l'eloquence a constitue l'essentiel de la formation intellectuelle : litterature et politique ne se pensent pas alors de maniere separee, et la rhetorique est le fondement de l'une comme de l'autre. D'ou la necessite de revenir a la rhetorique pour etudier les discours parlementaires et l'eloquence deliberative a laquelle ils se rattachent. A cet egard, la monarchie de juillet est une periode privilegiee qui permet pour la premiere fois a cette eloquence de se developper durablement dans un cadre reglementaire favorable. Le discours liberal majoritaire affronte alors les realites du pouvoir, et les orateurs doivent apprendre a utiliser la parole pour gouverner. Tres vite, guizot et thiers se revelent des maitres dans l'exercice de cette parole confrontee a la liberte d'expression. Leurs discours s'adressent a l'auditoire restreint des deputes et de leurs electeurs, et ils tentent de rallier au regime les << hommes de sens >> qu'effraient les passions revolutionnaires. Pour cela, il leur faut concilier ces valeurs a priori contradictoires que sont l'ordre et la liberte. Mais si guizot et thiers sont proches par les valeurs qu'ils defendent, c'est par des styles tres differents qu'ils contribuent l'un et l'autre a la creation d'une eloquence deliberative moderne. Tocqueville, entre a la chambre des deputes en 1839, n'a certes pas les memes facilites d'improvisation, et il se plie a grand peine aux compromissions du jeu politique. Mais sa voix, quoique isolee, n'en participe pas moins au renouveau du genre deliberatif en france. L'eloquence politique va neanmoins souffrir de la sclerose du regime qui contribue a separer les champs de la politique et de la litterature, sans que les orateurs aient pour autant demerite. Dans cette rencontre manquee, ce sont aussi bien les ecrivains romantiques qui se montrent incapables de s'adapter aux nouvelles formes de l'eloquence. Si la monarchie de juillet accuse la rupture entre l'ecrivain et l'homme politique, au moins l'eloquence parlementaire aura-t-elle fait la preuve de son efficacite politique, sans se departir de ce qu'elle a aujourd'hui definitivement perdu, le style.


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  • Détails : 968 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 354 ref.

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