Représentation de la maladie mentale et thérapies traditionnelles au Congo : réflexion à partir de l'étude d'itinéraires thérapeutiques
| Auteur / Autrice : | Charlemagne Simplice Moukouta |
| Direction : | Évelyne Pewzner |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Soutenance en 2000 |
| Etablissement(s) : | Amiens |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Ces dernières années, on a constaté dans le milieu africain, au Congo en particulier, que le phénomène psychiatrique se présente comme phénomène social où plusieurs facteurs interviennent et interfèrent en rapport avec la problématique du changement social. Ce phénomène développe tout un contexte thérapeutique extrinsèque assez complexe, à travers la coexistence de deux supports de soins des troubles mentaux : le support traditionnel, encore vivace, par l'action des guérisseurs et le support officiel, dit moderne, grâce à l'activité psychiatrique déployée par les médecins et les psychologues du service de psychiatrie du centre hospitalier universitaire de Brazzaville. Le constat sur le terrain fait apparaître une réalité, somme toute spécifique, quant à l'alternance de ces pratiques curatives dans la gestion tant individuelle que sociale du trouble mental. Ces deux procédures d'investigations thérapeutiques sont simultanément sollicitées, mais un intérêt particulier est porté à la première. Cette situation peut laisser penser à une double perception familiale ou sociale du trouble mental, en réalité il s'agit d'une seule perception du trouble qui mérite d'être saisie culturellement. A travers le parcours thérapeutique suivi généralement par les malades ce parcours se pose dans les termes suivants : patient (soutenu par la famille), tradithérapeutes puis hôpital psychiatrique. La maladie mentale, on le voit, suscite en première intention le recours aux tradithérapeutes. Ce trajet semble corollaire d'une conception particulière de l'homme au sein des sociétés africaines et traduit une certaine attitude face au déséquilibre mental. Ici, le désordre mental est toujours vécu et exprimé en termes d'agression persécutive. Le patient, qui se positionne dans ce contexte en situation de victime, ne peut être libéré de sa détresse qu'en recourant aux tradithérapeutes. De ce point de vue, il semblerait que la société congolaise ait développé un système de représentation et de compréhension de la maladie mentale qui détermine les méthodes de traitements. Cette réalité constitue pour nous une indication fondamentale en matière de psychopathologie, prouvée d'ailleurs dans la majorité des recherches effectuées sur la psychiatrie traditionnelle africaine