Vestiges de soi, vertige de l'autre : l'homme de l'après-guerre dans l'oeuvre de Jean-Pierre Melville

par Olivier Bohler

Thèse de doctorat en Arts et lettres

Sous la direction de Marie-Claude Taranger.

Soutenue en 2000

à Aix-Marseille 1 .


  • Résumé

    L'oeuvre de Jean-Pierre Melville constitue un questionnement important sur la guerre et l'évolution de la société depuis 1945. Tout d'abord, le cinéaste s'inspire principalement des films des années trente, et il connote ses personnages de façon très mélancolique : ils s'identifient à leur fonction, cherchent à être irréprochables et se réfèrent à des codes sociaux périmés. Il s'agit donc d'une tentative de deuil : ces figures du passé ne sont pas des archétypes, mais des " télotypes " : elles représentent un achèvement, après lequel plus rien n'est possible. Melville désigne la guerre comme rupture : ses personnages n'ont pas d'autre passé que celui d'anciens combattants (exactement comme le cinéaste, qui fut un grand Résistant) et se consacrent à la Résistance, qui devient un enjeu de représentation. En effet, en tant que survivant, le personnage melvillien est incapable de s'adapter à la société moderne. Sa relation à l'autre devient alors problématique : elle se définit comme une schize, une rupture avec le monde, qui implique la solitude et l'incommunicabilité. Ces figures restent alors ancrées dans le passé, ou tentent de faire corps avec cette nouvelle ère aseptisée, et perdent une part de leur humanité. Néanmoins, Melville décrit aussi une résistance à cette schize, à travers la subsistance de liens sous-jacents entre les êtres. Pour lui, la relation à l'autre se construit alors selon un processus complexe d'identification. De véritables relations amoureuses se nouent ainsi entre les protagonistes masculins, sentiments dont les femmes deviennent le vecteur. Mais seule la mort peut apporter une solution à ce désir de l'Autre. Dans un ultime combat, les deux figures vont enfin se faire face, et l'une offre à l'autre une mort honorable, qui laisse une image de lui pure dans la mémoire collective, et lui confère ainsi une forme d'éternité.


  • Pas de résumé disponible.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 3 vol. (856 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. ff. 549-576

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université d'Aix-Marseille (Aix-en-Provence. Schuman). Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire de lettres et sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.