Jazz et cinéma : convergences esthétiques

par Gilles Mouëllic

Thèse de doctorat en Cinéma

Sous la direction de Jean-Pierre Berthomé.

Soutenue en 1999

à Rennes 2 .


  • Résumé

    Le jazz est ne de la rencontre de deux cultures, l'une africaine, réputée plus spontanée, l'autre occidentale, fondée sur l'idéalisme hérite de la Grèce classique. Folklore néo-orléanais au début du XXe siècle, il s'est universellement impose comme un art grâce a l'éclosion de moyens techniques nouveaux. Parmi ceux-ci, le cinéma joue un rôle déterminant. Présence des musiciens dans les salles et sur les écrans du muet, influence du swing et des big bands sur les genres majeurs du cinéma américain des années trente et quarante, jusqu'a la création d'un jazz hollywoodien qui s'impose dans la décennie suivante : le septième art, qui refuse aux grands créateurs de couleur une reconnaissance qui fait encore aujourd'hui défaut, ne cesse de se nourrir de cette esthétique nouvelle qui marque peu a peu de son empreinte tous les arts de son siècle. Tandis que le cinéma des noirs américains, longtemps aussi marginal que passionnant, tente de rendre justice au jazz, quelques cinéastes blancs revendiquent bientôt cette musique comme modèle. C'est le cas de John Cassavetes dans son premier film, Shadows (1959) ou deux esthétiques, celle du jazz et celle du cinéma, parviennent enfin à se rencontrer. D'autres metteurs en scène, s'inspirent eux aussi, consciemment ou non, du jazz Shirley Clarke aux Etats-Unis, mais egalement, en Europe, Jean-Luc Godard ou Jean Rouch. La plupart de ces rencontres fructueuses ont lieu a la fin des annees cinquante, dans des oeuvres qui marquent une volonte de faire du cinema autrement. Pour Gilles Deleuze, ces années sont celles ou, dans le cinéma, le renversement entre l'image-temps et l'image mouvement devient parfaitement visible. Que le jazz moderne y soit présent a ce moment ne relève pas du hasard : les grands musiciens tentent eux aussi de subordonner le mouvement au temps. Conquérir un nouvel espace : telle est alors l'ambition que le jazz et le cinéma partagent avec les courants les plus novateurs de l'art contemporain.


  • Résumé

    Jazz was born out of the meeting of two cultures, African culture, supposedly more spontaneous, and western culture, founded on the idealism inherited from classical Greece. What was New Orleans folk music at the beginning of the 20th century became universally known as an art form through the use of new technical developments, including the cinema, which played an important role in this movement. With the presence of musicians in movie theatres and on silent film screens, the influence of swing and the big bands on the major American cinema genres during the nineteen thirties and forties, and the creation of Hollywood jazz which took over during the following decade, film making was permanently inspired by the new aesthetic which gradually left its mark on all aspects of the arts this century while at the same time and even up to the present refusing to recognize the great black film directors. While black American cinema, marginal but fascinating, tried to give jazz its rightful place, a few white film makers began to take this music as a model. This is the case for John Cassavetes in his first film Shadows (1959) where two aesthetics, jazz and the cinema, came together at last. Other directors became inspired, consciously or not, by jazz: Shirley Clarke in the US, but also Jean-Luc Godard and Jean Rouch in Europe. Most of this activity took place in the late nineteen fifties in works marked by the desire to work differently in film making. For Gilles Deleuze it was during those years that the reversal between "time-image" and "movement-image" became perfectly visible. If modern jazz was present at that time, it was no accident: great musicians were also trying to subordinate movement to time. Conquering a new space: that was then the joint ambition of jazz and the cinema, found also in the most innovating currents in

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Informations

  • Détails : 1 vol. (513 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 444 ref. Bibliogr. p. 450-482. Glossaire. Index

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Rennes 2 - BU centrale (Rennes).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TR RENNES 1999/18
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