Un aspect de la cognition sociale chez un primate forestier : reconnaissance visuelle chez le mangabe a joues blanches (lophocebus albigena albigena)

par NEUCIANE GOMES DA SILVA

Thèse de doctorat en Sciences biologiques et fondamentales appliquées. Psychologie

Sous la direction de Bertrand L Deputte.

Soutenue en 1999

à Paris 13 .

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  • Résumé

    Des nombreuses etudes ont mis en evidence des phenomenes de discrimination et de categorisation dans le domaine non-social de la cognition notamment chez les oiseaux et les primates non-humains. A l'oppose, dans le domaine social de la cognition, les preuves experimentales des capacites de reconnaissance sont loin d'etre aussi generales et convaincantes. C'est l'abondance de faits ethologiques qui suggerent l'existence de ces capacites. La plupart des preuves experimentales sont etablies chez des macaques, a l'aide de procedures variees utilisant, le plus souvent, des techniques d'apprentissages et une grande heterogeneite de stimuli. Pour la presente etude, nous avons utilise une procedure permettant d'analyser des reponses spontanees du sujet, sans faire reference a aucun autres apprentissages que ceux que l'individu a lui-meme mis en oeuvre au cours de son ontogenese. En outre la presente etude se situe dans une double perspective evolutive, portant d'une part sur des mangabes a joues blanches (lophocebus albigena albigena), espece forestiere hautement arboricole phylogenetiquement proche du genre macaca, d'autre part, des sujets humains confrontes aux memes taches que celles auxquelles ont ete soumis les mangabes. Notre approche des phenomenes de reconnaissance visuelle se fonde sur la mise en evidence de capacite de categorisation : la reconnaissance specifique fait alors reference a la formation d'une categorie mangabes, la reconnaissance sociale a celle d'une categorie mangabes familiers. En ce qui concerne la reconnaissance individuelle, un individu represente a lui seul une categorie incluant les differentes representations de cet individu. Ces representations auront ete prealablement discriminees de celles d'autres individus. Les stimuli utilises etaient des representations digitalisees de visages, uniquement, presentes sur un fond identique et homogene. Ils etaient presentes sur des ecrans d'ordinateur suivant la procedure de la preference pour la nouveaute. Les variables analysees etaient les durees de fixation visuelle, en particulier sur le nouveau stimulus, et la duree de la premiere fixation. En ce qui concerne la reconnaissance specifique 5 des 8 sujets ont discrimine les visages de primates de stimuli de 2 autres categories representant des visages de vertebres autres que des primates et des voitures. Parmi ces 5 sujets, 3 ont forme la categorie primates incluant les mangabes ; c'est a dire qu'a la suite des discriminations, ils ont considere les visages de primates comme peu differents entre eux. En ce qui concerne la reconnaissance sociale, parmi les 3 sujets ayant forme une categorie primates, 2 ont discrimine des mangabes familiers de mangabes inconnus. L'un de ces deux sujets a de plus forme deux categories, une primate potentiellement connu et une autre mangabe inconnu. Enfin 3 sujets sur 4 ont reconnu individuellement, selon nos criteres, de 1 a 3 congeneres familiers, dont leur mere pour 2 d'entre eux. Une procedure ne mettant en jeu que des reponses visuelles spontanees a donc permis de montrer que des primates forestiers arboricoles sont capables de reconnaissance, notamment individuelle, a partir de visages isoles presentes sur des fonds uniformes et homogenes.


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Informations

  • Détails : 117 p.
  • Annexes : 125 ref.

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  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TH 1999 026
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