Du cadavre aux ossements : la gestion des sepultures collectives dans la france neolithique

par Philippe Chambon

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Marion Lichardus.

Soutenue en 1999

à Paris 1 .


  • Résumé

    Qu'entend-on par sepulture collective ? c'est une structure funeraire ou plusieurs individus ont ete deposes successivement. A partir d'une centaine de sites dont une vingtaine directement etudies, j'ai analyse d'une part la diversite des gestes en sepulture collective, et d'autre part la geographie et l'evolution des pratiques funeraires. J'ai distingue cinq categories de sites, selon les pratiques. Tout d'abord, il existe des tombes traditionnellement qualifiees de collectives, mais pour lesquelles on ne peut finalement affirmer le caractere successif des inhumations. Le deuxieme groupe comprend des tombes collectives minimales, qui n'ont connu qu'un petit nombre de sujets, et des gestes funeraires tres simples. Les vidanges sont frequentes, mais leur sens varie : liberation de l'espace ou recuperation des ossements ? plus rares, les depots secondaires existent neanmoins, notamment avec les incinerations ; par ailleurs, leur rarete tient surtout a leur difficile mise en evidence. Enfin des tombes combinent rangements, compartimentage, vidange ou prelevement partiel. On peut tenter d'ordonner ces pratiques chronologiquement. Au neolithique moyen (4500-3500 av. J. -c. ), le caractere successif des inhumations dans les tombes monumentales de l'ouest reste hypothetique. Elles ont ete concues pour accueillir un nombre restreint de sujets, selectionnes ni sur l'age, ni sur le sexe. De 3300 a 2800, l'inhumation en sepulture collective est la norme. Tous les defunts accedent-ils a la sepulture ? a la fin du neolithique, entre 2700 et 2300 av. J. -c. La plus grande variete des pratiques funeraires marque le declin de l'ideologie anterieure. Cependant, les sepultures collectives ne disparaissent que dans le premier quart du iie millenaire. Quelle est finalement la signification des tombes collectives? on ne peut conclure de cette egalite dans la mort que l'organisation sociale etait conforme a cette image. La societe des morts est une projection idealisee de celle des vivants.

  • Titre traduit

    From corpse to bones ; the management of collective graves in neolithic france


  • Résumé

    What is meant by the term collective grave ? it is a structure in which several individuals were buried in succession. Using evidence from a hundred sites, twenty of which were studied at first hand, the diversity of behaviour in collective graves is analysed, as well as the geographical and chronological development of burial practices. Five categories of site are distinguished. First of all, there are tombs which have traditionally been described as collective, but ultimately contain no clear evidence for successive burials. The second group comprises minimal collective tombs, with small numbers of bodies and quite simple funerary behaviour. Emptied graves are common. This was possibly done for a variety of reasons, such as to create more space or to recuperate bones. Secondary deposits, particularly cremations, are rare. They are not easy to identify and this explains their scarcity. The last group includes tombs with combined evidence for rearranged bones, compartmentation, and partial emptying. A tentative chronology for these practices is put forward. In the middle neolithic (4500-3500 b. C. ) the successive nature of burials in the monumental tombs of western france remains hypothetical. They were built to contain a limited number of burials, without selection for gender or age. From 3300 to 2800 b. C, inhumation in collective tombs was the norm. Did this apply to the whole population ? at the end of the neolithic, between 2700 and 2300 b. C. , an increased variety of burial practice marks the decline of previous ideology. However, collective graves do not disappear until the first quarter of the 2nd millennium. What do the collective tombs really signify ? their image of equality in death must surely conform to social organisation. The society of the dead is an idealized projection of the society of the living.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (655 f.)3
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 304 ref.

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