La caféiculture au Burundi : économie et société, des débuts à l'indépendance (1920-1962)

par Alexandre Hatungimana

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean-Pierre Chrétien.

Soutenue en 1999

à Paris 1 .


  • Résumé

    A la fin des annees 1920, la belgique, devenue puissance mandataire de la societe des nations, s'engagea a "relever" le niveau de vie des populations du ruanda-urundi, jusque-la reputees pauvres. La "modernisation" de l'economie indigene souhaitee par la puissance coloniale porta essentiellement sur la culture obligatoire du cafe, l'ambition belge etant de faire entrer la masse paysanne burundaise dans le monde des echanges en lui faisant "produire de l'argent". C'est a partir de 1930 que des campagnes de diffusion de cette nouvelle plante furent organisees et conduites d'une facon systematique. Avec l'appui de la toute puissante eglise catholique et de l'elite politique locale, cette plante imposee souvent de maniere autoritaire, a petit a petit bouleverse la paysannerie burundaise. Le cafe affecta progressivement l'economie rurale par les sommes d'argent qu'il generait annuellement, en meme temps qu'il a modifie le systeme agraire en tant que culture perenne. Tandis que la "disciplinalisation" a outrance du monde rural peut justifier l'echec des premieres campagnes cafe, peu a peu l'interet financier, reel dans les annees 1950, a conditionne l'adoption du cafe par les paysans burundais. La logique policiere a cede de plus en plus la place a la logique financiere, celle de l'interet garanti. Cependant, la micro bourgeoisie rurale initialement annoncee par les responsables coloniaux n'a pas vu le jour au burui, en ce sens que le pays n'a pas connu d'emergence d'une classe moyenne de producteurs. Toutefois le paiement des taxes coloniales et l'acquisition de nouveaux biens de consommation ont fait de la cafeiculture burundaise un fait majeur de pres d'un demi-siecle de colonisation belge. L'argent du cafe a certes circule, sans pouvoir constituer un capital. Autrement dit le cafeiculteur burundais a connu un mieux vivre, mais pas la richesse. Il est donc reste un paysan ballotte entre deux imperatifs majeurs, la nourriture et un argent qui lui filait entre les doigts. Il n'en reste pas moins que le cafe a ete l'instrument de monetarisation de l'economie du ruandaurundi. On peut en deduire que meme si les ruraux burundais ne sont pas devenus plus riches a l'issue de l'oeuvre belge, le cafe, compare aux cultures vivrieres obligatoires, peut etre pris comme un exemple d'innovation finalement vecue comme positive. Sur le plan foncier, le cafeier s'est revele etre

  • Titre traduit

    Coffee growing in burundi:economy and society, from its origins to independence (1920-1962)


  • Résumé

    At the end of the 1920's, belgium, having received the mandate of the league of nations on ruandaurundi, took the engagement to raise the standard of living of its population, considered poor at the time. The modernisation of indigenous economy decided by the colonial power focused mainly on the compulsory cultivation of coffee. The belgian's ambition was to force the burundians peasant masses into the world market by making them produce money. Starting in 1930, campaigns for the diffusion of this new plant were organised and conducted in a systematic way. With the support of the almighty catholic church and the local political elite, the plantation of coffee, often imposed by force, slowly by slowly transformed the burundian peasantry. Coffee progressively transformed the rural economy by the amount of money it generated every year. At the same time it modified the agricultural system, coffee being a permanent crop. While the excessive discipline imposed on the rural world can explain the failure of the first coffee cultivation campaigns, progressively financial interest, espacialy in the 1950's, helped the adoption of coffee by burundian peasants. The logic of the use of force slowly let way to a financial logic, that of guarantied interest. However, the micro-bourgeoisie initially predicted by the colonial authorities did not materialise in burundi. The country did not experience the emergence of a middle-class composed of coffee producers. But, burundian coffee growing, through the payment of taxes and the acquisition of new consumption goods, constitutes the major aspect of half a century of belgian domination. Money earned through coffee circulated without being accumulated. In other words the burundians coffee growers improved in their standard of living without becoming rich. They were torn apart between two conflicting needs : growing foodcrops and getting money they did not manage to keep. Coffee has been the instrumental in the making of cash economy in the ruanda-urundi. Even if the burundians did not become rich thanks to belgium, coffee, compared to the compulsory food crops, is an example of innovation which could be considered as a positive experience. Coffee growing is a land mark in rural burundi. It was added to an already overcrowded food-producing area. Peasants were compelled to find new strategies of land management. Since 1930, peasan

Autre version

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2005 par Karthala à Paris

Le café au Burundi au XXe siècle : paysans, argent, pouvoir


Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 2 vol. (649 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 591-639

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Institut de recherches historiques du Septentrion. Bibliothèque.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MIC TH 2761
  • Bibliothèque : Université Panthéon-Sorbonne. Bibliothèque Pierre Mendès France.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur
  • Bibliothèque : Bibliothèque de Recherches Africaines (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : T467 (1, 2)

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MC 2188
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Cette thèse a donné lieu à 1 publication .

Consulter en bibliothèque

Cette thèse a donné lieu à une publication en 2005 par Karthala à Paris

Informations

  • Sous le titre : Le café au Burundi au XXe siècle : paysans, argent, pouvoir
  • Dans la collection : Hommes et sociétés
  • Détails : 1 vol. (512 p.)
  • ISBN : 2-84586-627-5
  • Annexes : Bibliogr. p. [473]-504. Notes bibliogr.
La version de soutenance de cette thèse existe aussi sous forme papier.

Où se trouve cette thèse ?

Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.