Des bords de l'oeuvre aux limites de l'art : une experimentation des petites differences

par JEAN PAUL ROBINET

Thèse de doctorat en Art et archéologie

Sous la direction de Éliane Chiron.

Soutenue en 1999

à Paris 1 .


  • Résumé

    A integrer dans sa production plastique la problematique des limites de l'art, un plasticien s'interrogera d'abord sur les bords de l'objet qu'il est en train de realiser. Nous formulerons ces interrogations de la facon suivante: existe-t-il des relations entre les bords d'un tableau et les limites de l'art? et si nous repondons positivement a cette premiere question, comment passerions-nous de l'un a l'autre?: telles sont en l'occurrence les questions qui fondent cette recherche. Concevoir les bords comme le lieu privilegie de l'instauration de l'oeuvre bute cependant sur un obstacle majeur enonce de la facon suivante: "or le bord de l'oeuvre n'est pas l'oeuvre puisqu'il en est le bord1'. L'evidence de cette affirmation sapait le fondement meme du projet. Il fallait en verifier la pertinence et dire pourquoi nous avions l'intuition qu'"hors le bord n'est pas l'oeuvre". Pour cela, nous avons pose trois questions: 1 0) peut-il y avoir une oeuvre a la limite de l'oeuvre?, 20) peut-on faire oeuvre aux limites de l'art? et 30) peut-on concevoir, finalement, la limite meme comme oeuvre? si les reponses a ces trois questions nous ont permis de constater qu'il existait plus d'une analogie entre les bords physiques du tableau et les limites de l'art, concevoir l'existence d'une oeuvre au bord de l'oeuvre ou d'une oeuvre aux limites de l'art n'allait pas sans admettre "qu'il y a toujours eu du regard la derriere". Sur le seuil du visible, et en acceptant aussi une certaine connivence entre l'acte de voir et tes limites de l'art, une zone en reserve qui serait celle de ce que nous avons appele "l'invu" aurait pour caracteristique principale d'etre disponible, valeur zero ou tache aveugle, et sans determination. Soit une oeuvre desoeuvree et demarquee qui, parce qu'elle detourne l'attention, parce qu'elle dejoue l'intention de faire oeuvre et parce qu'elle reporte en permanence la realisation de l'oeuvre, ne fait pas oeuvre a la limite mais fait de la limite une oeuvre.

  • Titre traduit

    From the edges of the work to the limits of art


  • Résumé

    We can presume that an artist who would include the problematics of the limits of art in his production would first wonder about the edges of the object whose creation is in progress and would formulate his queriesas follows: is there any relationship between the edges, say, of a painting, and the limits of art? should we give a positive answer to this first question, then how shall we shift from one to the other? such are the question which form the basis of this research work. Considering the edges as the very area where a work of art is introduced inevitably brings us to the conclusion that +the edge of a work of art can't be this work of art as it is its edge ;. As the obviousness of such a statement was liable to halt our train of thoughts, we determined to check its relevance and to express why we felt that + what is outside the edge of the work of art is not the work of art. ; in order to do so, we asked three questions which were examined in the second, third and fourth parts of the current work (shifting, erring and idleness) 1) can there be a work of art at the edge of the work of art? 2) can works of art be made at the limits of art? 3) finally, can the edge of a work of art be considered as the work of art itself? if answering the three questions above enabled us to find out there was more than a simple analogy between the physical edges of a painting and the limits of art, it was impossible to conceive the existence of a work of art bordering on the work of art or of a work of art at the limits of art without acknowledging that + there has always been someone looking at the back ;. On the threshold of the visible, while accepting some sort of a link between the act of seeing and the limits of art, is a kind of reserve, a zero area or blind spot, which we called +l'invu; (what has provisonally not been seen), whose main feature would be its availability and absence of predestination. It is an idle sort of work which, as it diverts the observer's attention, does not seem to aim at being a work of art and forever puts off its coming true, is not a work of art at the edge of art but turns the edge itself into a work of art.

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Informations

  • Détails : 3 vol., 729 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 212 ref.

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