La science de la Nation ? : les paradoxes politiques de la logique économique

par Blanka Vavakova

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Catherine Grémion.

Soutenue en 1999

à Paris, Institut d'études politiques .


  • Résumé

    La thèse vise à expliquer les changements en cours dans les relations 'Etat-science-industrie' en France et à en analyser les conséquences pour le système national de la recherche, et plus particulièrement pour les chercheurs. La politique de recherche, adoptée en 1982 par le gouvernement socialiste en constitue le point de départ. En voulant traduire la conviction largement partagée par les gouvernements d'autres pays de l'OCDE que la science devait jouer un rôle majeur dans la compétitivité des entreprises, et en conséquence des nations, elle s'est appuyée sur trois grands dispositifs: (i) la mobilisation de la recherche publique au service de l'industrie, (ii) la responsabilisation des régions en matière d'intégration de la recherche scientifique dans le développement régional, (iii) le renforcement du potentiel scientifique et technologique national par la promotion des programmes européens de coopération en R&D. Or, la signification et la portée de ses dispositifs doivent être appréciées en liaison avec deux processus parallèles qui les ont fortement marques, à savoir la décentralisation et l'ouverture du territoire national aux investissements étrangers. La devise républicaine "la science au service de la nation" qui caractérisait jusqu'alors les relations 'etat-recherche-industrie' en France, est en voie de perdre son sens face aux pouvoirs et aux intérêts des nouveaux acteurs politiques (régions et Europe) et économiques (les entreprises multinationales).

  • Titre traduit

    The nation's science? : political paradoxes of an economic logic


  • Résumé

    This thesis seeks to explain changes underway in the relationship between the state, science and industry in France and to analyze the consequences of these changes for the national system of research and more particuiariy for researchers within it. Its point of departure is the research policy adopted by the French socialist government in 1982. In keeping with the view prevalent within the OECD at that time, that science plays a central role in the competitiveness of enterprises and hence of nations, this policy aimed at (i) the mobilization of public research in the service of industry, (ii) the creation of a role for France's regions in ensuring the integration of scientific research into the regional development process, and (iii) the stregthening of the national science and technology base through the promotion of European R&D cooperation programmes. The impact and significance of France's research policy, however, cannot be understood in isolation from two parallel processes that have shaped its outcome - decentralization and the opening to foreign investment it is thus, that the republican slogan "science in the service of the nation , which to then had characterized the relationship between the state, research and industry in France, has begun to loose its meaning as new political (regions, Europe) and economic actors (multinational corporations) emerge with their own power and interests.

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Informations

  • Détails : 362 f.
  • Annexes : Bibliogr.

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