La construction des savoirs africanistes en France, 1878-1930

par Emmanuelle Sibeud

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Elikia MBokolo.

Soutenue en 1999

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    Comment l'experience de la gestion coloniale a-t-elle transforme les representations savantes de l'Afrique en France ? La creation du musee d'ethnographie du Trocadero en 1878 au moment des grandes explorations et, a terme, la naissance en 1930 d'une science de l'Afrique, l'africanisme, soulignent l'importance des liens entre experience coloniale et essor de l'ethnographie en france. Jusqu'en 1900, des reseaux entremeles d'aspirants specialistes proposent des savoirs divergents et plus ou moins coherents. D'ou la necessite d'une premiere interrogation de type genealogique. Une revendication a ensuite retenu notre attention : celle des administrateurs coloniaux qui rapportent de leurs longs sejours professionnels une connaissance approfondie des populations africaines. Au tournant du siecle, leur discours ouvertement africanophile participe au debat essentiel entre racistes et antiracistes suscite par l'affaire Dreyfus. Il est aussi l'une des pieces maitresses de la nouvelle erudition qui doit donner ses lettres de noblesse a l'entreprise coloniale. Ces auteurs requierent donc une etude prosopographique qui montre comment ils transforment leur competence professionnelle en revendication intellectuelle. Mais ils ont choisi une specialite confuse et subalterne, l'ethnographie, ce qui les pousse dans la dissidence lorsqu'ils fondent au debut des annees 1910 leur propre institut ethnographique. D'ou la necessite d'etudier la reception de leurs travaux dans les reseaux savants. D'autant plus que leur intrusion, par une reaction en chaine institutionnelle autant qu'epistemologique, permet la recomposition globale de la science de l'homme en France, parachevee en 1925 par la creation de l'institut d'ethnologie de la Sorbonne. Leur fronde pose en effet le probleme du statut de l'experience ethnographique de terrain, devalorisee en france parce qu'elle se plie mal aux exigences de la methodologie positiviste dominante. Elle est pourtant la base sur laquelle se constitue l'anthropologie culturelle. Cette incidence de la gestion coloniale sur l'evolution des schemas epistemologiques nous invite ainsi a reconsiderer l'experience coloniale qui est aussi, pour les ethnographes coloniaux comme pour leurs interlocuteurs, une experience intellectuelle aux multiples resonances.

  • Titre traduit

    The shaping of Africanist knowledge in France, 1878-1930


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Informations

  • Détails : 2 vol. (735 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 710-735

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