Thèse soutenue

Instabilité de croissance dans les couches épitaxiées contraintes

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Auteur / Autrice : Alexis Solere
Direction : Louis Porte
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Matière condensée, surfaces et interfaces
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Ecully, Ecole centrale de Lyon
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'électronique, optoélectronique et microsystèmes (Ecully, Rhône ; 1995-2006)

Résumé

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Instabilité de croissance dans les couches épitaxiées contraintes. Etude par microscopie à effet tunnel du système In1-xGaxAs / InP (001). La croissance hétéroépitaxiale de films semiconducteurs contraints manifeste une instabilité morphologique: la croissance évolue d'un mode couche par couche vers un mode par îlots tridimensionnels. La compréhension physique de ce phénomène est impotante tant pour la réalisation d'interfaces planes qui est recherchée pour les applications microélectroniques que pour l'élaboration de nanostructures dont le caractère quantique pourrait conduire à de nouvelles applications. L'étude par microscopie à effet tunnel (STM) menée dans ce travail concerne le système III-V In1-xGaxAs contraint sur InP (0011̅) qui, selon la composition x choisie, permet d'obenir une contrainte compressive (x<0,47;ε<0) ou tensile (x>0,47;ε>0). Les rôles du signe et de l'amplitude de la contrainte sont ainsi étudiés en suivant le comportement en croissance de quatre systèmes contranits: GaAs (ε=+3,8%), In0,25Ga0,75As (ε=-2%), In0,82Ga0,18As (ε=-2%) et InAs (ε=-3,1%). Par ailleurs, l'importance des conditions de sursaturation sur la croissance des couches a été mise en évidence en utilisant deux protocoles de croissance: sursaturation arsenic pour l'un, sursaturation cation pour l'autre. Dans des conditions de croissance standard, sous pression d'arsenic majoritaire, une transition 2D-3D du mode de croissance brutale est observée en compression; elle conduit à la formation d'îlots tridimensionnels fiaires, étirés dans la direction[11 ̅0] et répartis sur toute la surface. Le déclenchement de l'instabilité est d'autant plus précoce et l'anisotropie de forme d'autant plus marquée que la contrainte est forte. En tension, l'instabilité se manifeste par un processus continu de rugosification qui mène, à terme, à une morphologie 3D anisotrope également allongée suivant [11 ̅0]. Losque les espèces d'élément III sont excédentaires (stabilisation cationique), le mode de croissance couche par couche est maintenu, et ce jusqu'à l'observation des premiers effets plastiques. De telles morphologies 2D sont par ailleurs stables vis-à-vis d'un recuit en température. L'ensemble des résultats peut se comprendre en considérant la compétition entre énergie de marche-qu'il faut créer pour avoir des structures 3D- et énergie de relaxation- qui est rendue possible par la création des marches. La formation de structures filaires s'explique par la grande différence d'énergie entre marches A[1 1 0] et marches B [11 ̅0]. L'absence de transition 2D-3D s'interprète bien par une grande énergie de marches pour la surface à terminaison cationique; la transition 2D-3D ne peut alors se produire avant que n'apparaissent les premiers effets plastiques. De même, le comportement non symétriqueentre compression et tension indiquerait une énergie de marche plus faible en tension qu'en compression; la création de marches dans les couches en tension serait toujours favorisée. Le modèle met également en évidence les effets de surcontrainte locale, au bas des marches, qu'il est nécessaire de considérer pour expliquer la formation des structures filaires lors de la transition 2D-3D.