La fabrication des différences : sexe et mathematiques à l'école élémentaire

par Annette Jarlégan

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Marie Duru-Bellat et de Michel Fayol.

Soutenue en 1999

à Dijon .

Le jury était composé de Michel Fayol, Nicole Mosconi, Régine Sirota.

Les rapporteurs étaient Nicole Mosconi, Annick Durand-Delvigne.


  • Résumé

    Dans cette thèse, nous examinons le rôle de l'école dans la fabrication des différences liées au sexe dans l'apprentissage des mathématiques. Nous cherchons d'abord si, à la fin des années 90, des différences de performances ou d'attitudes peuvent être décelées en mathématiques entre les filles et les garçons, à l'école élémentaire. Les données ne font apparaitre aucune différence au CE1. En revanche, au CM2 les filles et les garçons se distinguent à la fois en termes de performances et d'attitudes. Les filles réussissent significativement moins bien que les garçons, elles sont moins attirées par cette discipline et elles ont moins confiance en leurs compétences que les garçons. Nous tentons ensuite de montrer comment les maitres contribuent à la fabrication de ces différences, via les attentes qu'ils élaborent à l'égard de leurs élèves et via les interactions verbales qu'ils échangent avec ceux-ci durant les séquences de mathématiques. Les résultats montrent qu'au cm2 les attentes des maitres sont différenciées en fonction du sexe de l'élève. Bien que les maitres jugent les résultats des filles et des garçons comparables, ils attendent et perçoivent plus d'attention et d'efforts chez les filles que chez les garçons. De plus, ils attendent des garçons des résultats futurs supérieurs à ceux des filles. Pour ce qui est des interactions verbales en cours de mathématiques, des différences apparaissent dans la quantité et la qualité des messages adressés aux garçons et aux filles. A niveau de réussite comparable, les garçons reçoivent plus d'informations, de questions ouvertes, de feed-back que les filles. Ils sont plus assistés matériellement dans la réalisation des tâches à accomplir. Ils sont également à l'origine de plus d'interactions en direction de leur enseignant que les filles. L'ensemble de ces résultats montre que filles et garçons sont progressivement incités à investir différemment les mathématiques à l'école élémentaire.

  • Titre traduit

    Building up differences : gender and mathematics at primary school


  • Résumé

    In this thesis, we shall examine the part played by school in the building up of gender-related differences in the learning of mathematics. We will first investigate whether at the end of the nineties, differences in performance or attitude can be detected in mathematics between girls and boys in primary school. Data reveal no difference in the first year of primary classes. Yet, in the second year of intermediate classes, girls differentiate from boys, both in terms of performance and attitude. Girls are clearly not doing so well as boys. This topic appeals less to them and they have less confidence in their own skills than boys. We shall then attempt to show how school-masters contribute to the building up of these differences via the expectations they develop of their pupils and the verbal communications exchanged with them during mathematics courses. Results show that in the second year of intermediate classes teachers' expectations differ in relation to their pupil's gender. Although teachers do consider that the results obtained by girls and boys are of comparable standard, they expect and perceive more careful attention and greater efforts from girls than from boys. They also expect that boys will surpass girls in their future results. As regards verbal communication exchanged during mathematics courses, differences can be found both quantitatively and qualitatively in the messages addressed to boys and to girls. For a comparable success record, boys will get more information, open questions and feed-back than girls. Materially, the former get greater assistance in carrying out their tasks. Boys themselves also promote greater communication exchanges with their teacher than girls do. Results as a whole show that at primary school, girls and boys are gradually being encouraged to have a different approach to mathematics.

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Informations

  • Détails : 1 vol.(325 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliographie f. 263-277. 215 ref.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Bourgogne. Service commun de la documentation. Section Droit-Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : T130
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