Thèse soutenue

Trésor, Banque de France et politique monétaire de la France entre 1914 et 1928

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Auteur / Autrice : Bertrand Blancheton
Direction : Jean-Charles Asselain
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Soutenance en 1999
Etablissement(s) : Bordeaux 4
Jury : Président / Présidente : Jean-Charles Asselain
Examinateurs / Examinatrices : Jean-Charles Asselain, Pierre-Cyrille Hautcoeur, Alain Plessis, Christian Bordes, Dominique Lacoue-Labarthe, Michel Margairaz
Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre-Cyrille Hautcoeur, Alain Plessis

Résumé

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Cette recherche analyse l'influence reciproque du tresor et de la banque de france sur la politique monetaire de la france entre 1914 et 1928. Elle defend l'idee d'une perte du pouvoir monetaire par la banque de france a partir de 1914. Par ses demandes d'avances directes, le tresor commande d'abord, pour une large part, la creation monetaire ; par l'importance de sa dette flottante, il paralyse ensuite toute action de la banque par le traditionnel canal du refinancement. Ce n'est qu'a partir de la stabilisation poincare (juillet 1926) a la faveur d'une relachement de la contrainte de tresorerie que la banque de france retrouve une autonomie operationnelle forte. Sur la base de l'exploitation de sources d'archives originales, ce travail met a jour les conceptions monetaires des responsables du tresor et de la banque. Il met ainsi en exergue la rupture du consensus monetaire a partir de 1922. A cette date, devant la defaillance financiere averee de l'allemagne et face au caractere de plus en plus difficilement soutenable de la dette publique francaise, les dirigeants du tresor recommandent de renoncer au retablissement de l'ancienne definition metallique du franc, de rompre avec la politique de deflation officiellement en vigueur, puis d'operer une stabilisation/devaluation du franc. L'inertie des mentalites dans l'opinion et l'attachement de la banque de france a la preservation de la valeur de son billet contribuent a isoler le tresor : il n'est pas entendu. Pourtant si ses conseils avaient ete ecoutes, ils auraient sans doute permis d'eviter deux episodes de tension aigue de l'histoire monetaire francaise : les faux bilans de la banque et la crise du franc de 1925-1926. L'idee d'une stabilisation ne fait son chemin qu'a partir de 1925, lorsque les turbulences monetaires menacent de se retourner contre l'activite economique. En juin 1926, lorsque le gouvernement se decide enfin a preparer une stabilisation, il revoque les dirigeants de la banque et installe a sa tete des hommes acquis a cette idee. Des lors, les responsables du tresor et de l'institut d'emission militent ensemble en faveur d'une stabilisation de fait (decembre 1926) puis d'une stabilisation de droit du franc (juin 1928).