Le questionnement moral chez diderot - eclectisme et dialogisme -

par SANG HYUN JEONG

Thèse de doctorat en Littérature française

Sous la direction de Jacqueline Lévi-Valensi.

Soutenue en 1999

à Amiens .

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  • Résumé

    Nous voudrions montrer comment diderot elabore ses idees morales a partir de sa culture scientifique. Le scepticisme "moderne" de diderot fournit a sa philosophie morale un enjeu de reflexion : la notion de nature. Ce moteur de la raison critique le conduit, sinon a ruiner, du moins a devaloriser le principe moral de la religion chretienne, et a etablir sa propre vision du monde, c'est-a-dire, lematerialisme biologique. Sa theorie materialiste nous fait decouvrir la notion d'homme reel qui est le centre de ses idees morales, et explique la nature de l'homme et ce que vaut l'homme dans la nature. Ces valeurs de l'homme deviennent un champ mobile ou les debats et les conflits se developpent sous l'aspect d'interferences ou d'interactions. C'est la structure dialoguee de ses textes romans, entretiens, essais. . . - qui donne forme a ce dialogisme generalise. Cet eclectisme paradoxal de diderot se developpe dans sa theorie des "trois codes" et du "droit naturel". Tout en reclamant la mise en identite des trois codes pour assurer le bonheur des hommes qui sont a la fois "victimes et bourreaux" dans des processus de civilisation, il finit par lancer un regard sceptique sur "le beau idealen politique". Comme le flot parfois emporte l'homme si fort a contre-courant de lui-meme, diderot ne resiste pas aux forces civilisatrices dont il se rejouit. Car il estime que c'est sur ce terrain d'inquietude qu'avance l'idee de perfectibilite. Meme si l'histoire des societes est, a ses yeux, tissee de malheurs et de crimes, la civilisation est la destination naturelle de l'etat sauvage. Cetteconviction traduit la foi de diderot dans le progres de l'esprit humain, meme s'il constate que ce progres est un processus tres long, tres imparfait. Dans sa perspective sur l'ethique, diderot refuse de separer l'ideal du reel, la valeur de l'existence. Et donc, le questionnement moral n'est pas le chemin qui nous ramene a une pure nature degagee du carcan des alienations ; c'est un chemin vers le progres, progres qui ne consiste pas a faire le bien supreme, mais a faire le mieux possible.


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Informations

  • Détails : 361 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 178 ref.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université de Picardie Jules Verne. Bibliothèque universitaire. Section Lettres et Sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
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