Le deuil, la patrie, construire la memoire communale de la grande guerre, l'exemple du departement de la vienne.

par PIERRICK HERVE

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Nicole Piétri.

Soutenue en 1998

à Poitiers .

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  • Résumé

    Apres 1918, traumatisees par le nombre eleve de leurs morts, les communes de la vienne ont massivement et rapidement erige des monuments en leur memoire. Justifiant la construction par le devoir absolu de leur rendre hommage, la portee pedagogique de la mort, le besoin de creer un lieu de recueillement particulier, elles s'approprient les morts en organisant un deuil collectif. Controlant un hommage public, l'etat s'engage peu financierement mais surveille le respect des lois, assiste les communes par une commission artistique qui juge les projets de monument mais dont l'efficacite se revele limitee. Chaque commune prend en charge sa memoire de la grande guerre en financant le monument, a parts egales entre credit municipal et souscription publique, en choisissant avec l'aide des populations un emplacement au caractere plus laique que funeraire et religieux, en creant par l'inauguration les rituels civils du souvenir. L'ensemble des demarches se deroule dans un esprit consensuel qui cherche a maintenir localement l'union sacree des temps de guerre. Par l'inauguration et la participation des elus locaux aux carrieres nationales, la commune marque egalement son ancrage dans la communaute nationale. Les references au fait religieux justifiees par la mort et l'appartenance culturelle sont nombreuses sans etre ostentatoires (dates d'inauguration, emplacements, symboles). Consensuelle, la memoire est conformiste dans ses formes. La statuaire, creee majoritairement par des entrepreneurs en monuments funeraires, artisans locaux et industriels, avec une participation restreinte desartistes, dominee par la marque du deuil, utilise massivement une symbolique anterieure au conflit ou contemporaine, symboles funeraires (obelisque dominant, symboles vegetaux de la mort, croix chretiennes), symboles patriotiques et militaires (poilu, coq, croix de guerre). La statuaire donne de la guerre une perception aseptisee, a la definition de laquelle les anciens combattants participent peu.

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Informations

  • Détails : 750 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 324 ref.

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  • Bibliothèque : Université de Poitiers. Service commun de la documentation. BU Lettres.
  • Disponible pour le PEB
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