Les étudiants en France (1945-1968) : contribution à une histoire socio-culturelle et politique du milieu étudiant

par Didier Fischer

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Jean-Jacques Becker.

Soutenue en 1998

à Paris 10 .


  • Résumé

    Le nombre, la maladie et la politique constituent les trois angles d'approche de l'histoire d'un milieu bien réticent aux schémas globaux d'interprétation. Ainsi la loi du nombre est-elle une donnée essentielle de cette histoire étudiante. La progression des effectifs, dont l'accélération est spectaculaire à partir de 1963, s'accompagne d'un élargissement social du milieu. Le problème de l'adaptation de l'université au nombre et à la nouvelle sociologie de son recrutement est alors posé avec d'autant plus d'acuité que toute réforme d'envergure a été jusque-là différée. Pourtant, en depassant le discours convenu sur les origines sociales, on touche à une réalité étudiante non dénuée d'intérêt : celle des difficultés matérielles et sanitaires de la Libération. En effet, de nombreux étudiants souffrent du fléau que représente encore à cette époque la tuberculose. La maladie suscite la mise en place, à l'initiative du monde étudiant, d'une filière de soins dans le cadre de la Fondation Sanatorium des étudiants de France. Mais l'effondrement de la morbidité tuberculeuse dès les années cinquante oblige à une reconversion en direction de l'hygiène mentale. Dans le climat freudo-marxiste des années soixante, la maladie en milieu étudiant entrainait des réponses qui dépassaient le terrain médical pour empiéter sur celui du culturel et du politique. L'engagement politique est toujours demeuré le fait d'une petite minorité étudiante. La politisation de ce milieu est marquée par une constante : la faible représentation des partis traditionnels. Le peu d'intérêt qu'ils manifestaient à l'egard des étudiants, ainsi que le rôle structurant que joua l'UNEF à l'université jusqu'au milieu des années soixante l'expliquent. Aussi est-ce l'affaiblissement de la principale organisation étudiante, incapable de se renouveler apres la guerre d'Algérie et en proie aux crises de l'UEC et de la JEC, qui ouvre des perspectives à l'extrême gauche à la veille de mai 68. Cette politisation originale est aussi indissociable du rôle que joua l'associationisme ; étudiant dans la formation d'une partie de l'élite politique en France. Il nous apparait néanmoins, au terme de cette étude, difficile de dégager une spécificité étudiante face aux grands défis des années de l'après-guerre. Les étudiants, même au temps de la guerre d'Algérie, n'ont jamais été en mesure de peser sur les destinées du pays.

  • Titre traduit

    Students in France (1945-1968) : a social, cultural, and politic history of a sphere


  • Résumé

    Number, illness and policy represent three ways to approach the history of a society always reticent with any global scheme of interpretation. So, law number is an essential information for this student history. The increase of the effective, wich acceleration is spectacular from 1963, goes with a social widening of the sphere. The question of university adaptation to the number and the new sociology of its recruitment is set with more acuteness from the fact that every important reformation has been deffered. Nevertheless, as we go beyond the usual talk on social roots we found a student reality wich is so interesting : the one of the materials and sanitaires difficulties after France deliverance. Indeed many students suffer the flail that represented in this age tuberculosis. The illness raise up the creation by the UNEF of an attendance dieplate called the Sanatorium Foundation of French students. But the overthrow of tuberculous morbidity in the fifties compel a conversion to the mental hygien. On account to the Freudo-marxiste ; surroundings existing in sixties, student illness brings about answers wich leave medical subject to encroach on the one of culture and policy. Politic engagment was always taken by a minority in the student's circle. Traditionnals parties had often a small representation in university and this is an invarying situation. We can try two explanations : first, these parties weren't very interested in the student's sphere and secondly UNEF played in university a structuring part. The extreme gauche ; will find perspectives watching may 68 just because of main student organisation's weakness, wich was incapable to return after Algeria's war, and crisis of UEC and JEC. This original place of policy can't be separed of the part wich play the student + associationisme ; in the formation of French politic statesmen. Ending that study, we realise that it's very difficult to find a student's specificity during the after war years. Students, even during the Algeria's war, couldn't influence in anytime their country's destiny.

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Informations

  • Détails : 2 vol., 743 f.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. (328 réf.). Index

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
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  • Cote : T 98 PA10-148
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