Geste, acte graphique et inférence : la communication au-delà du code
| Auteur / Autrice : | Guy Barrier |
| Direction : | Michèle Gabay |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences de l'information et de la communication |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Paris 7 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Deux modalités expressives sont analysées: le geste lie aux interactions et le geste graphique. On s'interrogera donc sur les fonctions indicielles et communicatives de ces productions, en se positionnant aussi bien à l'écart du syncrétisme interprétatif des théories naïves que des a prions positivistes. On s'efforcera de montrer quelles sont les inférences que peut produire le receveur a propos de ces actes expressifs et de quelle manière les impressions ainsi formées infléchissent la communication orale ou écrite. Ceci nécessite de dépasser les modèles codiques ainsi que ceux de la ''structure close'' afin de redonner toute place aux modalités qualitatives de réalisation des actes, qui en tissent le contexte interpersonnel, produisent des effets pragmatiques et permettent d'inférer des intentions. Les actes paraverbaux et graphiques sont considérés en fonction des variations d'intensité des mouvements, selon leurs paramètres d'expansivité, de tonicité, de continuité, de tempo, de souplesse ou (ou/et au choix) de coordination, surdéterminés par la dynamique tension versus relâchement. Ces modulations vectorielles du flux comportemental peuvent avoir valeur d'indice et permettre d'induire un style de présence corporelle de l'émetteur. Dans d'autres cas elles communiquent quelque intention et lui permettent de négocier ''l'image adéquate'' sur le marche du signe, par un travail d'apparence et de contrôle. Il est démontre que les actes paraverbaux et le geste graphique varient en fonction du contexte cognitif, affectif, social et interlocutoire. Le corpus graphique et le corpus non-verbal permettent de constater que les modulations spatio, temporelles jouent un rôle décisif dans ce processus intersubjectif et mimo-cinétique. On montre également que l'observation phénoménologique et les méthodes fréquentielles, menées sur les deux fronts, permettent de rendre compte de la nature continue et discontinue des processus, d'appréhender les composantes de forme et les composantes de mouvement co-mobilisées durant l'interprétation.