Intérêt et limites de l'étude linguistique des embrayeurs : la question du "sujet" aujourd'hui dans ses méandres entre la linguistique et la psychanalyse

par Nicola Susan Thomas-Orler

Thèse de doctorat en Linguistique

Sous la direction de Anne-Marie Houdebine-Gravaud.

Soutenue en 1997

à Paris 5 .


  • Résumé

    La distinction saussurienne "langue/parole" permet de repartir deux approches du "sujet parlant". Soit on l'exclut dans la linguistique de la langue, c'est le "sujet in absentia"; soit, on le sollicite, tel un "sujet in presentia", dans la linguistique énonciative. L'analyse des embrayeurs par Jakobson pose le problème. Car elle touche à la question du "sujet", sans le traiter réellement : il s'agit ici d'un "sujet in potentia". La preuve de ce "potentiel" est son rattachement ultérieur à la théorie de l'énonciation de Benveniste. Or l'expression "sujet de l'énonciation" de cet auteur est néanmoins ambiguë : elle s'ouvre à un choix entre un "sujet plein" (ego) et un "sujet clive" (divisé par l'inconscient). De nouveau, deux approches sont possibles : en linguistique, "est ego qui dit "ego"", c'est un "sujet" conscient, intentionnel et maitrisant; en psychanalyse, le sujet est dit divise par la loi du signifiant inconscient. En s'appuyant sur des références saussuriennes, Lacan avance une détermination "signifiante" (langagière et inconsciente) de ce "sujet". Certaines données permettent de reconnaitre ce même type de détermination en linguistique et ce, même chez Saussure. Nous proposons de l'axiomatiser par la formule le "sujet" est dans le "verbe", ce qui représente notre hypothèse de travail. Des lors, si le "sujet" est dans le "verbe", une approche "psyché-linguistique" du "sujet" est possible. Cependant, en psychanalyse, on accorde aussi une part d'indétermination au "sujet", dans ce qui se profile comme la réalisation d'un "sujet in potentia". En conséquence, il existe une incompatibilité épistémologique entre linguistique et psychanalyse dans l'abord du "sujet". Notre recherche consiste à analyser ces diverses approches de la question du "sujet". Nous les représentons à l'aide de choix binaires qui traduisent l'abord implicite ou explicite du "sujet" et de l'inconscient, ainsi que la divergence épistémologique essentielle entre linguistique et psychanalyse.

  • Titre traduit

    The impact and limitations of the linguistic study of shifters : the question of the "subject" today in its meanders between linguistics and psycho-analysis


  • Résumé

    Two approaches of the "speaking subject" can be drawn from the saussurian distinction "langue/parole". Either it is excluded in linguistics of the "langue", i. E. A "subject in absentia"; or it is sollicited as a "subject in presentia" in pragmatics. Jakobson's analysis of shifters poses the problem, as it touches the question of the "subject" without really treating it, like a "subject in potentia". The proof of this "potential" is its later inclusion in Benveniste's enunciation theory. The latter's expression "subject of the enunciation" is, however, ambiguous : one can choose between a full ("ego") subject, or a divided one (divided by the unconscious). Again, two approaches are possible: in linguistics, "ego is the one who says "ego", it is a conscious, intentional and mastering "subject"; in psychoanalysis, the "subject" is said to be divided by the unconscious law of the signifier. Basing himself on saussurian references, Lacan advances a "signifying" (language-based and unconscious) determination of this "subject". This same type of determination can be acknowledged in linguistics, even with Saussure. We make this our axiom, using the formule "the subject is in the verb", which represents our hypothesis. Thence, if "the subject is in the verb", a "psycha-linguistic" approach of the subject is possible. In psychoanalysis, however, the "subject is also granted a part of indetermination, in what appears as the realisation of a "sujet in potentia". Consequently, there is an epistemological incompatibility between lingusitics and psychoanalysis in the approach of the "subject". Our research invloves analysing these different approaches of the "subject". We represent them through binary choices which translate the implicit or explicit approach of the "subject", as well as the essential epistemological divergence between linguistics and psychoanalysis.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (385 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 361-370. Annexe

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