Expérience religieuse et modernité (recherches sur leurs caractères fondamentaux)

par Sam-hwan Kim

Thèse de doctorat en Sciences des religions

Sous la direction de Michel Meslin.

Soutenue en 1998

à Paris 4 .


  • Résumé

    A la différence de l'affirmation dogmatisante, l'expérience religieuse nous conduit à un champ ouvert à d'autres expériences religieuses nouvelles : l'expérience religieuse est utopique en elle-même. L'expérience religieuse en tant qu'expérience humaine du divin est l'expérience de l'infini dans le fini : elle est romantique en elle-même. L'expérience religieuse veut saisir immédiatement la profondeur du mystère divin jamais appréhensible par la raison critique et formelle : elle est essentiellement intuitive et mystique. D'ailleurs, la modernité trahit au terme de son évolution sa propre crise causée principalement par son rationalisme formel. Le moment critique que la modernité garde au sein de son rationalisme est loin d'être autocritique. C'est dans la profondeur de l'expérience religieuse que la capacité d'autocritique véritable se fait parfaitement. Tout cela nous évoque la possibilité que l'expérience religieuse se pose comme une contrepartie de compensation de la rationalisation et de la critique autosuffisantes dans la modernité. La phénoménologie husserlienne fait voir comment l'objectivité et l'intelligibilité de l'expérience religieuse se constituent. C'est par l'idée romantique et l'idée phénoménologique qu'on peut surmonter la crise du rationalisme et de la modernité. P. Tillich a clairement élaboré dans son idée de théologie de la culture la relation essentielle de la religion et de la culture, du contenu et de la forme, de la théonomie et de l'autonomie, du modus et du mos. M'inspirant de Tillich, je pense que l'église chrétienne ne doit pas accepter la « foi idéologique » : celle-ci est surmontée et exorcisée par la véritable foi chrétienne qui est en rapport avec l'intime humain le plus profond. L'église chrétienne doit animer la culture et la société profanes par ses efforts d'inculturation, et ce en respectant leur autonomie. Elle ne doit pas négliger l'un des deux aspects contradictoires du symbole religieux, lesquels supposent respectivement une différente situation : situation existentielle et situation culturelle. Elle doit participer à la profondeur historique par la communication transculturelle qui forme une histoire universelle ; mais, en même temps, elle ne doit pas oublier de communiquer avec les vaincus, les exclus et les générations à venir.

  • Titre traduit

    Religious experience and modernity (a study of their fundamental characters)


  • Résumé

    In contrast to the dogmatic affirmation, religious experience leads us continually to another religious experiences: religious experience resorts to utopianism in itself. Religious experience as the human experience of the divine is experience of the infinite by the finite: religious experience is romantic in itself. Religious experience claims to grasp immediately the deepness of the divinity: religious experience is essentially intuitive and mystic. Now, the modernity shows us in the end of its development the crisis caused by its formal rationalism. The moment of criticism, which is preserved by the modernity, is absolutely not auto-critical. It is in the deepness of the religious experience that we can discover the true auto-criticism. By that, we could believe that religious experience is the counterpart of compensation to the self-sufficient rationalization and criticism of the modernity. The phenomenology of Husserl shows us how the objectivity and intelligibility of the religious experience come to be possible. The romanticism of Schelling brings us to solve the problem caused by the rationalism of the enlightenment. By the romanticism and the phenomenology, we can overcome the crises of the rationalism and the modernity. Paul Tillich’s dependence on Schelling is vital for Paul Tillich’s ontology. Paul Tillich has clearly revealed in his theology of culture the essential relations between religion and culture, between substance and form, between theonomy and autonomy, between modus and mos. Inspired by Paul Tillich, i think that the Christian church should avoid the “ideologic faith” which is also refused by the genuine faith related to the deepness of human interiority. The Christian church must animate the secular society and culture without disregarding their autonomies. The Christian church must consider simultaneously the two different aspects of the religious symbol : the cultural situation and the existential situation. The Christian church must participate in the deepness of the universal history without refusing the dialogues with the defeated, the marginalized and the future generations.

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Informations

  • Détails : 1 vol., 268 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 155 ref.

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