Destins et dramaturgies du corps déchu dans la peinture au XIXe siècle

par Olivier Deshayes

Thèse de doctorat en Études cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Murielle Gagnebin.

Soutenue en 1998

à Paris 3 .


  • Résumé

    Non contente de décliner le corps déchu en diverses dramaturgies, l'expérience tragique de l'humain se manifeste, chez des artistes tels que Géricault, par un morcellement systématique des formes. Une telle problématique au XIXe siècle fait advenir la question du fragment dans l'économie d'une remarquable subversion. Le fragment est la manifestation d'un ordre corrompu, la trace d'une distorsion dans la dialectique du tout et de la partie. Les fragments et les têtes de suppliciés revendiquent le désordre de l'image du corps, la dislocation à valoir en soi et pour soi. Faire entrer des fragments dans la cohérence d'un univers imaginaire selon un ordre qui défie celui de la vie elle-même, met clairement en lumière une esthétique novatrice. Avant d'analyser ce drame collectif que fut le Radeau de la Méduse, nous avons mis en parallèle la technique du clair-obscur chez Géricault et celle utilisée par quelques-uns de ses contemporains : Prud'hon, Girodet et Guérin. L'expérience a sans aucun doute donné aux artistes en question l'opportunité de réaliser d'admirables morceaux de peinture. Mais elle fut toujours traitée à travers le prisme déformant d'un idéal du corps qui donne finalement un portrait affadi du statut dramatique du sujet. Le Radeau relève également d'une esthétique du fragment. Dans ce chef-d’œuvre, il nous est apparu qu'à l'origine se trouvent des forces qui agissent très fortement dans le sens d'une faillite. Je veux signifier qu'à l'épreuve du réel, l'artiste est mis en difficulté. Le morcellement semble avoir été la solution à ce problème qui signe son œuvre d'un bout à l'autre. Fragmentation et espace iconique chez Ingres et Delacroix semblent avoir partie liée au même titre que ceux de Géricault et paraissent rencontrer des difficultés identiques. La "fin de siècle" n'a pas éclipsé la violence des propos picturaux mais elle l'a prise en charge par le biais de la représentation d'une forme théâtrale poussée a l'extrême : le mélodrame. .

  • Titre traduit

    The fallen body in the nineteenth century painting : fate and dramatisation


  • Résumé

    It not only explored the fallen body through various dramatic arts but the tragical experience also expressed itself in the works of artists like Géricault with the systematic splitting up - of shapes and figures. Such a problematic rises the problem of the fragment in the general organization of a remarkable subversion. The fragment is the expression of a corrupted order as well as the feature of a distortion in the dialectics of the whole and the bits and pieces. The fragments and the tetes de supplicies claim the disorder of the body image, a dismemberment with its own value. Having fragments being a part of the coherence of an imaginary world according to an order defying the one of life itself reveals an innovative aesthetic. Before analyzing the Radeau de la Méduse, I set a parallel between Géricault's chiaroscuro technique and the one used by some of his contemporaries like Prud'hon, Girodet and Guérin. The experience gave artists the opportunity to create master works but it was always dealt with through the distorting mirror of an ideal body which renders a somewhat dull portrait of the dramatic status of the subject. The vision is like lined up with a veil that hides all its depth and its extent. It's not enough to present characters whose fate is sealed to see the tragic consequences of the human appear. Le Radeau de la Méduse belongs to the aesthetic of the fragment whose amazing modernity i already tried to highlight. It became apparent that there are forces at work tending toward a feeling of failure. The parcelling Géricault uses sems to have been the solution to that problem. Delacroix and Ingres's fragmentation the body and iconic space seem to be related like Géricault's and appears to come across the same difficulties. This leads us now to show that we do not deal with fates but with real dramatic arts of degeneration. The end of the century overshadowed violence with similar destructive forces but acknowledge through theatre - melodrama.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (538 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

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  • Cote : MC 2048
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  • Cote : Mfiche 223/2299
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