Le logement public en angleterre, 1885-1990 : des politiques consensuelles?

par DAVID FEE

Thèse de doctorat en Études anglaises

Sous la direction de Monica Charlot.

Soutenue en 1997

à Paris 3 .


  • Résumé

    La victoire de m. Thatcher et les onze annees qui constituent l'experience thatcherienne ont donne naissance a une litterature qui a accredite l'idee que l'annee 1979 representait une charniere dans l'histoire britannique. Les tenants de cette these considerent en particulier que les politiques sociales se seraient developpees apres la guerre dans un climat de consensus politique brutalement detruit en 1979. Le present travail de recherche s'inscrit en faux contre cette vision de l'apres-guerre ou plutot s'efforce de demontrer qu'elle ne convient pas aux politiques publiques de logement. La these ici defendue est que le logement public n'a jamais fait l'objet d'un accord entre conservateurs et travaillistes, mais qu'il est demeure tout au long de son histoire sujet a controverses. En effet, sitot la decision prise en 1919 de formuler une politique publique de logement, la fracture qui devait caracteriser ce secteur de la vie nationale eclata au grand jour. Bien que les conservateurs aient d'abord concu l'intervention de l'etat comme un expedient temporaire, ils en vinrent a accepter un service social minimum reserve aux categories les plus vulnerables de la population. Pour les travaillistes, en revanche, le logement public devait etre un service social ouvert a l'ensemble de la population, un moyen de combler les inegalites sociales. Malgre un bref compromis impose par le second conflit mondial et les annees de penurie d'apres-guerre, ces conceptions irreconciliables de la responsabilite de l'etat en matiere de logement guiderent les choix des deux partis jusqu'en 1965. A compter de cette date, par pragmatisme et par opportunisme, les travaillistes adoptent peu a peu les conceptions de leurs adversaires. Cet unique exemple de consensus se voit remis en question apres 1979 par l'experience thatcherienne, qui davantage qu'une rupture avec le passe, est en realite une radicalisation des themes et politiques anterieures.

  • Titre traduit

    State housing in england, 1885-1990: a political consensus?


  • Résumé

    Margaret thatcher's victory in 1979 and the following eleven years that make up the thatcher experiment have given rise to abundant literature which has sought to show that the year 1979 marked a turning point in the history of britain. The proponents of this thesis also argue that social policies enjoyed a high degree of political consensus after the war which was suddenly shattered in 1979. This research rejects this vision of post-war britain, or rather attempts to show that it does not apply to state housing. This thesis holds that state housing has never been the object of a consensus between conservatives and labour and that it has always been a polemical issue. Indeed, the divide which was to characterise state housing up to the 1970s emerged soon after it was decided that the state should be responsible for building houses for the working class. Since 1919 the conservatives have always considered that housing should not be a social service on a par with others but that it should be restricted to the categories of the population unable to provide for themselves in the market. On the other hand, labour has always regarded housing as a fully-fledged social service, access to which must be open to the whole of the british population so as to reduce social inequalities. Despite a brief compromise between 1939 and 1956 imposed by an exceptional situation, the two parties held firm to these contradictory conceptions of housing until 1965. From that year to 1979, labour gradually abandoned its previous philosophy of housing and took on board that of its opponents. This short spell of political consensus on the nature and aims of a public housing sector was brought to an end by the thatcherite experiment from 1979 to 1990, which was in fact a radical version of previous policies more than a real break with the past.

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Informations

  • Détails : 1 vol., 506 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 586 ref.

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  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Section Censier.
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