Johannes urzidil le dernier conteur pragois de langue allemande entre l'engagement et la distance

par Isabelle Ruiz

Thèse de doctorat en Études germaniques

Sous la direction de Gerald Stieg.

Soutenue en 1997

à Paris 3 .

    mots clés mots clés


  • Résumé

    L'allemand de prague johannes urzidil (1896-1970) fut connu dans les annees soixante comme le conteur nostalgique d'une boheme encore pluriculturelle. Mais un simple regard sur sa bibliographie revele que son oeuvre de journaliste depasse en quantite sa creation litteraire. Ce travail analyse les deux carrieres de johannes urzidil en partant de la constatation que son activite litteraire reguliere commence la ou son implication dans l'histoire politique s'arrete. La contradiction entre l'engagement et la distance peut ne pas etre simplement l'opposition contingente entre un avant et un apres, centree sur le nazisme ou l'expulsion des allemands hors de tchecoslovaquie. En s'appuyant non seulement sur l'analyse des sources publiees, mais aussi sur le depouillement de nombreux documents inedits, conserves au leo baeck-institute de new york, cette etude parvient a la conclusion que la question de l'engagement et de la distance, chez urzidil, decoule d'une interrogation fondamentale sur la nature du reve et de la realite. Engage de 1918 a 1939 dans la lutte contre les nationalismes tcheque et allemand, le publiciste exile a new york a partir de 1941 prend part a la guerre ideologique contre le nazisme aux cotes du president benes. Apres 1945 l'ecriture litteraire constitue pour lui un moyen d'abstraire la vie du temps historique. La devalorisation de l'histoire fait pendant a l'idylle de la nature et a l'evocation d'un age d'or precedant la revolution industrielle et le nationalisme. L'auteur entretient le "mythe habsbourgeois" de l'harmonie supranationale. Mais au dela d'une mythologie particuliere, c'est la pensee mythique qu'il fait revivre. Ses recits n'enferment pourtant pas le lecteur dans un monde de reves. Retrospectifs, ils operent une introspection morale de la generation du nazisme. D'actualite, ils stigmatisent les defauts de la societe de consommation. Urzidil s'accuse en tant qu'artiste et en tant qu'allemand d'un manque de realisme. En meme temps il incrimine la dictature de la realite historique et scientifique. Son diagnostic de la maladie du xxe siecle revele l'ambiguite de sa pensee. La question qu'il pose pourrait se resumer ainsi : l'instant ou l'on croit etre le plus implique dans la realite n'est-il pas celui ou l'on est le plus enferme dans son reve?


  • Résumé

    The prague german writer johannes urzidil (1896-1970) was known in the sixties as the nostalgic story-teller of a still multicultural bohemia. But a single glance at his bibliography reveals that he wrote more as a journalist than as a fiction-writer. This study analyses both of his careers, starting with the observation that his regular literary activity began when his involvement in political history stopped. The contradiction between involvement and distance may not simply be the contingent opposition between the eras before and after nazism or the expulsion of the german community from czechoslovakia. Based not only on the analysis of published sources, but also on the investigation of numerous unpublished documents kept at the leo baeck-institute in new york, this study concludes that involvement and distance, for urzidil, follows from a fundamental interrogation on the nature of dream and reality. Involved from 1918 to 1939 in the struggle against the czech and german nationalists, the publicist exiled himself in new york in 1941 and took part in the ideological war against nazism with president benes. After 1945, fiction writing became for him a means of abstracting life from historical time. The parody of history matches idyllic nature and the tale of a golden age previous to the industrial revolution and nationalism. The author keeps alive the habsburg myth of supranational harmony. But beyond a specific mythology, he revives mythical thought. Yet, his short stories don't confine the readers to a dream-world. When looking back to the past, they tell of moral introspection for the generation of nazism. When looking at the present time, they point out to the defects of consumption society. Urzidil taxes himself with a lack of realism both as a german and as an artist. At the same time, he incriminates the dictatorship of historical and scientific reality. His diagnosis of the evils of the 20 th century reveals the ambiguity of his thought. The question he asks could be summed up as followed : aren't the moments of deepest involvement in reality those of utmost confinement in dream?

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol., 478 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 385 ref.

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Section Censier.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.