Un acteur et son public : Frédérick Lemaître à Paris et en province (1823-1876)
| Auteur / Autrice : | Christine Bouillon |
| Direction : | Alain Corbin |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Résumé
Frederick Lemaître fut l'un des comédiens les plus populaires du boulevard du crime ; au XIXème siècle. Issu de la petite bourgeoisie normande, il accéda à la célébrité en 1823 grâce à sa création du rôle de Robert Macaire dans l'auberge des adrets, et joua presque sans interruption jusqu'à sa mort en 1876. Il fut l'interprète de Victor Hugo (Ruy Blas), de Dumas (Kean), de Lamartine (Toussaint Louverture), mais aussi de nombreux obscurs auteurs de mélodrames. Ses diverses tournées lui permirent de se faire connaitre et applaudir à travers toute la France ainsi qu'à Londres, Bruxelles et Genève. Il entretint au cours de sa carrière des liens très forts avec son public, qui le suivait d'un théâtre à un autre (de la porte Saint-Martin, où il joua le plus souvent à l'ambigu et même aux variétés ou aux folies dramatiques) et savait lui manifester tout aussi bruyamment son enthousiasme que sa désapprobation. Sa vie privée, dont le public était curieux, fut en grande partie dévoilée par la presse, d'autant plus que sa femme, comme la plupart de ses maitresses, fut également sa partenaire au théâtre. Peu à peu, une véritable légende se créa autour le lui, étayée par de nombreuses anecdotes rocambolesques, le présentant comme un débauche et un ivrogne qui battait ses maitresses et jetait l'argent par les fenêtres. Peu soucieux de donner un démenti à ces allégations, Frederick Lemaître semble même parfois s'être amusé à jouer son propre rôle en dehors de la scène. A l'inverse, il prit bien davantage à cœur de réfuter l'idée, reprise par plusieurs critiques, qu'il mettait un peu de Robert Macaire dans chacune de ses créations. En effet, en 1834, il avait participé à l'écriture et interprète une pièce qui reprenait le héros de l'auberge des adrets et en faisait un escroc de haut vol. Perçue comme une satire de la société, la pièce connut un énorme succès. Par la suite, malgré ses prouesses dans de multiples rôles très différents, ce personnage lui colla à la peau durant toute la fin de sa carrière et même au-delà.