Migration repetee, capital humain et transfert : le cas de la tunisie

par Ayssen Makni

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Christian Morrisson.

Soutenue en 1998

à Paris 1 .


  • Résumé

    Dans la plupart des etudes portant sur les migrations, il est implicitement suppose que les migrants n'effectuent qu'un seul deplacement tout au long de leur vie. Il a cependant ete etabli qu'une part importante des migrations effectuees chaque annee etait le fait d'individus ayant deja migre par le passe (on parle alors de migration repetee ou de reemigration). L'objectif de cette recherche est d'identifier, chez les anciens migrants reinstalles dans leur pays natal, les facteurs a l'origine de la decision de vivre une nouvelle experience migratoire. Plus precisement, il s'agit de montrer qu'il est possible de predire le comportement futur d'un plurimigrant en se basant sur son experience migratoire passee; celle-ci a ete menee d'une part a travers l'analyse de l'impact de la migration sur l'acquisition de competences, d'autre part a travers la mesure de ses effets sur le rapatriement de fonds. Apres une revue de la litterature relative aux mouvements migratoires a caractere repetitif, il a ete procede a l'estimation, sur des donnees tunisiennes, d'une fonction d'acquisisition de competences lors d'un sejour a l'etranger, issue de la theorie du capital humain, puis d'une fonction de transfert de fonds, inspiree des theses de l'altruisme et de la recherche d'un interet personnel. Deux modeles ont ete degages de l'hypothese centrale qui stipule que l'on peut predire les comportements migratoires futurs en analysant les comportements migratoires passes. Le premier modele lie la reemigration a l'experience migratoire passee, a travers ce qu'elle a induit comme apprentissage d'un metier a l'etranger d'une part et comme transfert de fonds d'autre part. L'estimation faite sur des donnees tunisiennes montre qu'une experience migratoire, lorsquelle a induit des effets positifs sur le bien etre du migrant et/ou lorsqu'elle a permis au migrant d'ameliorer ses competences peut susciter l'envie de recidiver. Le second modele a ete construit autour de l'interaction entre les motifs de retour au pays d'origine et la predisposition a regagner le pays d'accueil. Les resultats des estimations revelent que le migrant est d'autant plus enclin a regagner le pays d'accueil lorsqu'il n'a pas pu mener a terme son projet migratoire, ce qui incite a s'interroger sur l'efficacite des politiques de controle et de repression de la migration.

  • Titre traduit

    Repeat migration,human capital and remittances : the tunisian case


  • Résumé

    In most of the studies dealing with migration, it is implicitely assumed that migrants perform only one move during their life. However, it has been proved that an important part of every year migrations is made by individuals with previous migration experience (that is remigration or repeat migration). The main purpose of this research is to identify, among migrants who returned to their home country, the determinants of remigration. Indeed, this study aimed to show that it is possible to predict the future behaviour of a migrant by analysing the effect of his previous migration on his human and physical capital. Following a review of the litterature focused on repeat migration, two logit functions are estimated using tunisian data. The first one aims to predict the probability of learning new abilities while working abroad. The second links the probability of remitting money (from the host country to those left behind) to different variables. Then, two models, based on the hypothesis that there is a link between past and future migration, are developed. The first one relates the probability of remigrating to the effect of the previous migration on the human and the physical capital. The test using tunisian data showed that a migrant is more keen to move again when his previous migration allowed him to learn new skills and to remit money to his family. The second model links the probability of remigrating to the reasons behind the return to the home country. The results proved that the probability of returning back to the host country is more important when the migrant was forced to leave that immigration country, thus inducing us to question the deterrent effect of immigration policies.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (205 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 102 réf.

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  • Cote : P98-104
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