Le parcours poetique du sujet chez carol rumens arrachement et inscription

par FRANCOISE TUSQUES VENISSE

Thèse de doctorat en Études anglaises

Sous la direction de MARIE JEANNE ORTEMANN.

Soutenue en 1998

à Nantes .

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  • Résumé

    Dans les poemes de carol rumens, le sujet est une figure liminale, un masque de janus. Il se developpe a l'interieur d'un reseau de vies qui le contient en meme temps qu'il est contenu par lui, comme s'il s'agissait d'une peau. La peau, metaphore recurrente, est le point de depart d'un systeme extremement subtil et complexe d'echos et de correspondances qui enveloppe l'ensemble de l'oeuvre poetique et sert d'interface entre la psyche et le monde, entre une experience et des sentiments singuliers et la reception d'un heritage litteraire. En partant d'une genealogie personnelle et autobiographique, le sujet construit un systeme de parente discretement subversif qui replace en perspective un certain nombre d'idees recues et d'evidences quant a la place de chacun dans ce systeme. La question de la difference des sexes n'est plus une fin en soi mais le paradigme de toute difference, entre + je ; et + tu ; (un pere-marin-jardinier, un amant etranger, un russe ou un juif), mais egalement la difference entre + je ; et + je ;, ou encore entre un poeme et sa traduction dans une autre langue. Determine par l'histoire (celle d'un individu ou celle d'une communaute), une ideologie, une langue (a la fois maternelle et paternelle) et ses silences, le sujet est orphelin de toute certitude definitive exceptee celle de mourir un jour. Il, en l'occurrence elle, se represente comme esprit fragmente et lectrice de fragments, et se refere a une forme heritee d'une tradition tyrannique que + je ; remet en perpective a travers un point de vue qui lui est propre: celui d'une femme-poete-britannique de la fin du xxeme siecle. + je ; n'est pas a l'origine d'un + ars poetica ; normatif mais le sujet errant et dubitatif d'un + curriculum poetica ;. Elle rejette + la servitude des attitudes fixes ; et ce qui est mis en avant a la place, est la necessite pour chaque poete de remettre en question et en perpective son propre heritage, d'ou l'importance de la premiere personne du singulier comme centre de perception. Le sujet ainsi mis en relief n'est pas psychologique mais semantique et il est le point de depart d'un systeme ouvert qui permet d'imaginer un nombre infini d'analogies, des plus concretes, voire triviales, aux plus abstraites, et d'etendre ad infinitum les possibilites du langage.


  • Résumé

    The subject, in carol rumens's poems, is a janus-like, liminal figure. It grows within a network of lives which contains it and is contained by it, like a skin. The skin is a recurring metaphor, the starting point of a very complex and subtle system of correspondences and echoes which envelops the whole poetic work and serves as an interface between the psyche and the world, between individual experience and feeling and the reception of a literary heritage. Starting with private and autobiographical genealogy, the subject reconstructs subversive family connections which refocuses received ideas and reinterprets ready-made truths and admitted conceptions as to the place devoted to each individual within family as a system. The issue of sexual difference is no longer an end in itself but a paradigm of all differences, between + i ; and + you ; (a father-sailor- gardener, a foreign lover, a russian or a jew), but also between + i ; and + i ;, or else between a poem and its translation into another language. Determined by history -private and public-, ideology, and an inherited native language (both mother-and-father-tongue) and its silences, the subject is yet orphaned, bereft of any ideological or metaphysical definitive certainties -except that of dying some day. The subject represents itself as a fragmented mind and a reader of fragments, and refers to a form inherited from a tyrannical tradition which she refocuses from the perspective of a late twentieth century, british, woman-poet. + i ; is not the subject of a normative + ars poetica ; but the wandering, ever doubting subject of a + curriculum poetica ;. + the servitude of fixed attitudes ; is rejected, and what is foregrounded instead is the necessity for each poet to reconsider, re-focus, re-lie in perspective his or her own heritage, hence the importance of the first person singular as a center of perception. The subject thus emphasized is not psychological but semantic and it is the origin of an open system which allows to imagine innumerable analogies from the most concrete, or even trivial, to the most abstract, and to expand ad infinitum the possibilities of language.

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Informations

  • Détails : 2 vol., 553 p.
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 128 ref.

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  • Bibliothèque : Université de Nantes. Service commun de la documentation. Section Lettres - Sciences humaines.
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