La voix des oiseaux et l'éloquence des hommes : sens et fonction des manifestations sonores de l'oiseau dans la littérature française des XVIe et XVIIe siècles
| Auteur / Autrice : | Michel Jourde |
| Direction : | Claude-Gilbert Dubois |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature française et comparée |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Bordeaux 3 |
Mots clés
Résumé
Pour determiner les enjeux, en france au xvie et au xviie siecle, des rapprochements entre la voix d'un oiseau et un discours humain, nous nous sommes fonde sur l'etude de discours savants concernant les oiseaux (ornithologie, recits de voyage), de temoignages ou de fictions mettant en scene des oiseaux sonores, ainsi que de diverses operations linguistiques proposant de tels rapprochements (metaphores, periphrases, images savantes. . . ). Dans la premiere partie, nous etablissons le cadre dans lequel ces rapprochements prennent leur sens a l'epoque etudiee : difficulte des definitions (entre voix, chant, discours) ; jeu des (de)valorisations (une meme voix d'oiseau peut servir a louer ou a ridiculiser un discours) ; utilisation des oiseaux dans des processus de figurations, mettant enjeu, pour chaque voix d'oiseau, divers elements empruntes a l'observation comme a la tradition. La deuxieme partie etudie ces processus de figurations successivement dans les discours de louange (le concert des voix d'oiseaux est un eloge ideal, que l'orateur peut evoquer mais auquel il ne peut se joindre), dans les theories et les pratiques du sublime (les oiseaux figurent l'envol du discours mais aussi les risques de cet envol) et dans les elaborations concernant le nom propre de l'homme eloquent : ce dernier, en se rapprochant de l'oiseau par la periphrase, la pseudonymie ou la metaphore, cherche a raconter l'histoire de son eloquence, ses origines et ses desirs. La troisieme partie degage deux aspects majeurs de cette histoire : les oiseaux sont presents dans les apprentissages du discours, en offrant leur plume pour ecrire ou en constituant le modele d'une eloquence primitive et ideale ; par leur affinite avec le processus de la metamorphose, ils figurent une continuite possible entre le discours et ce qui s'oppose a lui (silence, bruit, enfance), entre le temps de l'enonciation, toujours borne, et les temps anterieurs ou posterieurs a cette enonciation.