Stratégies de communication verbales et non verbales d'étudiantes coréennes en cours d'apprentissage de français langue étrangère
| Auteur / Autrice : | Jong-Bun Kwon |
| Direction : | Jacques Montredon |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences du langage, didactique et sémiotique |
| Date : | Soutenance en 1998 |
| Etablissement(s) : | Besançon |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Geneviève Calbris, Bernard Py, Marc Souchon |
Mots clés
Résumé
Pour notre recherche de thèse, nous avons opté pour une étude longitudinale sur un an de comportements verbaux et non verbaux de deux étudiantes coréennes apprenant le français en France. Cette étude met en évidence des stratégies générales mais aussi des stratégies particulières à chaque sujet, en même temps qu'une évolution du rôle du non verbal dans la production des énoncés. Elle décrit en effet les stratégies non verbales mises en œuvre par nos deux sujets dans l'activité de production verbale en situation exolingue à des fins de facilitation ou de compensation linguistique. L'emploi des stratégies de communication diffère d'un individu à l'autre en fonction du niveau de compétence linguistique, du parcours d'apprentissage, de la personnalité et de la culture d'origine etc. Mais il existe également des procédés généraux, présents à tous les niveaux d'acquisition tels que la répétition, les reformulations et les autocorrections. Pour ce qui est des stratégies de communication non verbales, nos deux coréennes ont d'abord eu recours au geste pour l'organisation de leurs énoncés. En effet, elles rythment souvent l'énoncé verbal d'un mouvement de la main positionnant et accentuant les mots qui le composent. Ce genre de geste sert, à notre avis, à faciliter la construction de la phrase et diminue d'ailleurs au fil des enregistrements à mesure que se développe leur compétence linguistique. Ensuite, le geste est employé comme moyen de débloquer le processus de la parole, de le stimuler et de surmonter des obstacles ; qui peuvent être d'ordre linguistique, psychologique, ou situationnel, etc. Les deux types de gestes recenses démontrent que l'activité motrice est nécessaire à la mise en paroles de la pensée. A un stade plus avancé, enfin le recours à ces gestes facilitateurs et stimulateurs s'avère moins indispensable ; d'autres gestes alors, plus naturels et plus en harmonie avec le message véhiculé, apparaissent. Identifier les fonctions du geste relevés dans l'activité énonciative des deux étudiantes coréennes semble démontrer que le geste facilite la créativité parolière, les deux premières fonctions du geste n'étant pas d'apporter l'information, mais de faciliter l'activité d'encodage du locuteur non natif. Cette étude met également en évidence la préséance du geste sur la parole, ou tout au moins leur concomitance, ou leur synchronisation.