La possession du beau chez Marcel Proust et Oscar Wilde

par Yves Landerouin

Thèse de doctorat en Littérature comparée

Sous la direction de Jean-Louis Backès.

Soutenue en 1997

à Tours .

    mots clés mots clés


  • Résumé

    Plutôt que de s'appuyer sur les allusions trop rares de l'œuvre de Proust à celle de Wilde, ce travail fait partir la réflexion d'une question existentielle qui leur est presque toujours sous-jacente : comment posséder le beau? Faire de sa vie un art ou faire de l'art sa vie, tout est là, oscillant entre deux opérations alchimiques dédiées au beau et qui cachent, au-delà d'une subtile dialectique, une même aspiration, théorisée certes dans Le Banquet de Platon, mais aussi folle qu'universellement partagée. En envisageant successivement les œuvres comme mises en scène (par leurs situations, les discours de leurs personnages) et comme enjeux (par leurs formes, leur esthétique, leur existence même) d'un tel débat et après s'être assure que Proust et Wilde ont bien une conception similaire de l'objet à posséder, on peut s'employer à définir leurs positions respectives concernant les moyens d'y parvenir (les modalités de possession). L'étude se porte alors des modalités disponibles dans la sphère au réel, que Wilde organise en un tout ("la vie comme un art"), à la sphère de la création, hors de laquelle Proust ne voit point de salut, et envisage à mi-chemin la pratique de la critique, telle qu'ils la conçoivent l'un et l'autre, c'est-à-dire comme une forme complémentaire d'appropriation. Apparait ainsi nettement l'opposition entre deux grands systèmes, opposition originale qui informe les œuvres et contribue à expliquer leurs différences esthétiques. En même temps, on vérifie la cohérence globale des positions de chacun et ce, quelle que soit la richesse de l'œuvre et son évolution -réputée spectaculaire chez Wilde- au fil du temps. L’Irlandais s'affirme alors comme le contradicteur le plus digne de disputer avec l'auteur de La Recherche sur le terrain de la possession du beau.


  • Résumé

    Rather than sticking to the rare allusions to Wilde's works in Proust, this thesis proceeds from an existential question: how to possess beauty? To make one's life a work of an or to make one's art a mode of life? That is the question. These two transmutations, dedicated to beauty, express the same insane (although theorized by Plato in his Symposium) and universal desire. After making sure than Proust and Wilde share the same conception of the object to be possessed, we try to describe their views on the ways to make it, regarding their works successivly as expressions and implications -or products- of this issue. Thus we move from the sphere of reality, which Wilde takes and organizes as a whole ("life as an art"), to the sphere of creation, so essential to Proust. Halfway there, we look at criticism as they both regard it, i. E. A complementary form of appropriation. So it appears that they oppose two great systems to each other, which gives form to their works and allows us to explain their aesthetic differences. And whatever their evolution can be, we conclude that their views are equally consistent on the matter. There, Wilde proves to be the true counterpart, the worthiest opponent of the author of A la recherche au temps perdu.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (298 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université François Rabelais. Service commun de la documentation. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.