Légitimité d'origine et légitimité d'exercice : le baptême du pouvoir de l'Empire romain au Royaume de France, IVe-XIe siècles

par Emmanuelle Cauquil-Darrouy

Thèse de doctorat en Histoire du droit

Sous la direction de Marie-Bernadette Bruguière.

Soutenue en 1997

à Toulouse 1 .


  • Résumé

    Origine divine et gouvernement juste ont depuis la plus haute antiquité fondé le pouvoir. Les édits de Milan et de Thessalonique ont engendré la christianisation de ces fondements idéologiques du pouvoir. Durant le haut moyen-âge, le prince revendiqua l'origine chrétienne de son pouvoir et exerça la justice conformément aux prescriptions bibliques, patristiques et ecclésiastiques, sans distinguer réellement spirituel et temporel. Séparant humain et divin, le christianisme a interdit la revendication d'ascendances divines charnelles. En revanche, la bible a fourni aux rois chrétiens des idéaux de royauté: le roi devenait alors rex scerdos. Paradoxalement, l'adoption du christianisme n'a pas fait disparaitre le rappel des origines mythologiques païennes (légende de Troie) ou fictives (Auguste, Constantin ou Théodose figurent souvent dans les généalogies officielles) des gouvernants. Ces filiations constamment rappelées par les rois francs, servirent également à décorer les instruments du pouvoir, dotés eux aussi d'une importante fonction légitimante. Utilisés notamment lors du sacre, ces instruments illustraient matériellement l'élection divine des rois francs. Leur adhésion précoce à l'orthodoxie leur permettait de se comparer aux premiers empereurs chrétiens : Constantin ou Théodose. Détenteurs d'un pouvoir d'origine divine, les francs ont voulu faire régner sur terre la justice dans son acception chrétienne. Ayant repoussé les frontières, Charlemagne apparut providentiellement désigné pour diriger l'ecclesia. Pourtant, n'étant pas les seuls à revendiquer leur élection divine, les rois sont forcement entrés en conflit avec les ecclésiastiques, qui au nom de "leur charge plus lourde" ont souhaité conseiller, surveiller, puis brider l'action des princes. En voulant débarrasser l'église des interventions laïques, le Concile de Latran de 1059 a ouvert la voie aux discussions théologiques et politiques, prélude à une nouvelle répartition des compétences entre temporel et spirituel.

  • Titre traduit

    Legitimacy's origin and legitimacy's exercise : the batism of power from the roman empire to the french's kingdom (IVe-XIe centuries)


  • Résumé

    Divine origin and a just government have been the ideological foundation of the power of princes since remote antiquity. The edict of Milan in 313 and the edict of Thessalonique in 380 have generated the Christianization of these ideological foundations. During the early middle ages, the prince had to claim the Christian origin of his power and exercise justice according to the prescriptions biblical, patristic and ecclesiastical, without making a distinction between the temporal and the spiritual. Christianism separated the divine and the human, and forbade the claim to a divine ancestry. On the other hand, biblical writings were bringing new ideals of kingship to Christian kings: they became rex et sacerdos. Paradoxically, the adoption of the new religion hasn't made away with the reference to mythological (Trojan legend) or imaginary origins (Auguste, Constantin or Theodose). These filiations, always repeated by Frankish kings have also served to decorate instruments of power. These instruments were endowed with an important function of legitimation. They were used for anointing more particularly, tangible manifestation of the divine choice of the francks. Their early adherence to orthodoxy allowed them to retake the role of the first Christian emperors, such Constantin or Theodose. Possessing the power of divine origin, the governants wanted to spread Christian justice to all parts of the earth. Charlemagne extended the frontiers and was appeared to have been elected to manage the ecclesia. Nevertheless they weren't the only ones who asserted divine election. Kings were opposed to ecclesiastics, who wanted to advise, supervise and restrict the action of princes. In order to remove the secular element from the church, the Latran's council opened the way to theological and political discussions, which was the prelude to a new repartition of power between church and state.

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  • Détails : 2 vol. (628 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
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