Paris à l'époque des ballets russes, 1909-1913 : histoire culturelle de l'esthétique

par Roland Huesca

Thèse de doctorat en Sciences et techniques des activités physiques et sportives

Sous la direction de André Rauch.

Soutenue en 1997

à l'Université Marc Bloch (Strasbourg) .


  • Résumé

    Dès leur première venue à Paris, en 1909, les ballets russes de Serge de Diaghilev remportent un véritable triomphe. Avec Giselle, le pavillon d'armide ou encore les sylphides, M. Fokine, le chorégraphe rencontre et exalte la tradition. Le tout-paris, toujours lié aux valeurs nobiliaires, aime retrouver sur scène les grandeurs et la beauté d'un classicisme chers à la France. Il apprécie également de voir les peintres russes présenter des décors aux couleurs vives et lumineuses dans un style impressionniste dont la capitale s'enorgueillit. Enfin, dans l'enthousiasme et la jubilation de leurs danses, les danseurs russes, recréent aussi les valeurs d'un orient mythique et rêvé depuis le XIXe siècle. Érotisme et fougue barbare prennent corps sous les pas et les gestes des danseurs. Les ballets russes attisent ainsi les fantasmes du clan le plus huppé de la capitale. Avec V. Nijinsky il en est tout autrement. Trois oeuvres : "L'après-midi d'un faune", jouée pour la première fois en 1912, comme jeux et le "Sacre du printemps", présentées en 1913, avivent les controverses. L'attrait pour la tradition fait place aux avant-gardes. Sous le sceau du "moderne", le jeune chorégraphe bouleverse les usages. Accusé d'obscénité dans la dernière scène du "faune", son évocation du printemps renouvelle l'expérience du sacré dans le tout nouveau théâtre des Champs-Élysées devenu à l'occasion le "véritable temps de l'art". La critique peine à rendre compte de ces nouveautés. Les transpositions sémantiques vont bon train. V. Nijinsky proposerait-il des chorégraphies cubistes? Profitant de l'émoi, le nationalisme esthétique francais, se sentant menacé, exprime sa volonté hégémonique et cherche, dans ses accusations, à légiférer l'ordre du goût. Entre triomphes et scandales, les ballets russes proposent leurs spectacles. Une analyse phénoménologique de ces soirées permet de construire une histoire culturelle de l'esthetique. Les discours de la presse, les témoignages, les sources iconographiques ou les reconstitutions filmiques servent le travail herméneutique. Trois temps scandent la méthode proposée : décrire, construire et interpréter. Au gré des constructions, les représentations et les comportements artistiques de la Belle Époque apparaissent peu a peu.


  • Résumé

    On their very first visit to paris, in 1909, S. De diaghilev's russian ballets met with a huge success. With such works as giselle, le pavillon d'armide or les sylphides, the choreographer, m. Fokine not only followed the rules of the dance tradition, but he also revived it. The parisian elite, who still craved on the values of the peerage, enjoyed seeing the greatness and the beauty of a appreciated to discover the russian painters' vividly coloured backdrops, which reminded them of the impressionistic style, a style that paris was proud to have been the centre of moreover, the russian dancers, full of enthusiasm and exultation, also recreated the values of a mythical orient, which has been dreamt of ever since the xixth century. The dancers' steps and gestures embodied a vision of eroticism and barbarous ardour. Thus, the russian ballets allowed the well-to-do parisians to meet their fantasies. Things changed with v. Nijinsky. Three of his works, l'apres-midi d'un faune, first played in 1912, jeux and le sacre du printemps both premiered in 1913, were highly controversial. Tradition gave way to the avant-garde. The young choreographer, considered a "modern" artist by all, id not follow the rules of ballet, but his rite of spring renewed the sense of sacred things. Critics id not know how to account for so many signs of novelty and semantic transpositions seem to have been only way out. Did v. Nijinksy create cubist choreographies? Taking the opportunity the supporters of the french aesthetic nationalism, who felt threatened, tried to impose their own sense of what beauty and good taste should be. The russian ballets with their various performances met triumphs a well as scandals. A phenomenological analysis of these dance evenings allows the elaboration of a cultural history of aesthetics what the press wrote, what people said, the pictures that were taken or the films which try to create the performances are useful to a hermeneutic work. Three steps mark the method used here : first there is a description,,then an elaboration is followed by the next one, the belle epoque's perceptions and representations of art are little unveiled.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (595 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : 516 réf. bibliogr

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