Technologie et socioculture : pour une anthropologie organisationnelle : le cas d'une pratique au Sénégal

par Gorgui Seye

Thèse de doctorat en Anthropologie

Sous la direction de Pierre-Philippe Rey.

Soutenue en 1997

à Paris 8 .


  • Résumé

    Cette réflexion sur notre expérience passée s'intègre dans celle plus vaste qu'est le rapport entre la technologie et la socioculture. Nous pensons que depuis l'avènement de la raison victorienne au 19e siècle comme justification majeure de la colonisation, la question "technologie" s'est toujours posée avec une certaine acuité. Ainsi, la technologie déterminera-t-elle les rapports que l'Europe aura avec les pays en voie de développement ou le Tiers-monde. Cette même question sur la technologie et ses rapports avec la socioculture se pose dans les sociétés industriellement avancées, et qui plus est les sociétés en voie de développement dont l'évolution est censée provenir de cette technologie. Les études et les livres sur l'emploi, le travail, le chômage, qui sont en rapport avec le niveau technologique témoignent à la fois d'une certaine inquiétude et de ce qu'est devenue la technologie dans son évolution depuis l'avènement du machinisme jusqu'à nos jours. Le livre de Jean-Jacques Salomon "Le destin technologique" par son intitulé reflète l'inquiétude qui accompagne ce développement technologique. La technologie demeurera toujours un sujet privilégié dans la société parce qu'elle est porteuse d'une idéologie qui, si elle est peut être la fierté des un et des autres, pose la question du travail qui est son vecteur principal. Si l'invention de la machine à ses débuts n'était pas destinée au travail, actuellement la puissance technologique le façonne autour de la production. Ce mode de production imposera son rythme et une organisation du travail qui pose, nous semble-t-il jusqu'à présent, la question du développement après les indépendances. Au moment où l'ethnologie retrouve son sol natal parce que "l'exotisme s'est déplacé" (expression de Gérard Althabe), une anthropologie travaillant sur la technologie dans des organisations telles que l'entreprise actuelle s'appuiera sur la notion de travail pour retrouver une totalité au niveau au niveau socioculturel. Il est des conduites qui relèvent du détail auquel l'expert et les chercheurs institués ne font pas attention. L'expérience qui nous sert de base pour ce texte fait partie de ce genre de détails. En effet, la fabrication parallèle (la perruque) est une des conduites du salarié, particulièrement celui de l'industrie, qui lui permet d'exprimer en partie sa subjectivité. Cette conduite est un défi pour lui contre l'autorité instituée, par la transgression et la parodie. Dans son action, il remet le temps à sa place en même temps qu'il nous démontre son inscription dans la facticité du monde moderne. Cependant la technique ou la technologie n'a de sens qu'insérée dans un usage et participe d'un projet sociétal. Dans tous les pays d'accueil comme le Sénégal, c'est la représentation du travail qui lui fournira un sens par son adaptabilité.

  • Titre traduit

    Technology and socioculture : the case of a practice in Senegal


  • Résumé

    This thesis concerning our past experience is integrated in a larger study that considers the relationships between technology and socioculture. We believe that technology has always been an important factor that can explain colonization, on top of the Victorian explanation of the 19th century. Technology will in fact determine the relationships between Europe and developing countries or the Third World. The same question on technology and its relationships with socioculture also exists in industrially advanced countries, and of course in developing countries basing their progress on the technology mentioned above. Studies and books on employment, work and unemployment that are related to technology indicate a certain anxiety and also show the evolution of this technology from the Industrial Revolution to nowadays. The book by Jean-Jacques Salomon "The technological fate" shows the anxiety accompanying this technological development in its title. Technology will always be a privileged subject because it carries an ideology raising the question of work: machines were at first not intended for work, but nowadays work is organized around machines, and this production mode imposes a rhythm and a social organization of work, which raises the question of development after independence. When ethnology returned to its homeland because "exoticism has moved" as Gérard Althabe says, a new kind of anthropology working on organizations such as modern companies will base itself on of the notion of work to find its integrity on a sociocultural level. There are some behaviors based on details experts and institutional researches usually ignore. The best example is parallel production, a typical phenomenon through which industry workers express a part of their subjectivity, thus constituting a challenge against institutions and authority via parody and rule-breaking, showing the artificialness of our modern world. However, technology is meaningless if not integrated in a social practice: in countries such as Senegal, its meaningfulness will be shown through the adaptability of work.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (338-[5] f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. f. 324-335

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
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  • Cote : TH 3368
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